LKQ France : une nouvelle feuille de route pour changer de braquet

, mis à jour le 20/02/2026 à 18h16
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COLANTONIO David LKQ France

Développer un modèle hybride combinant grossistes partenaires et magasins propres en France : six mois après sa prise de fonction à la tête de la filiale française du leader européen de la vente PR, David Colantonio dévoile la ligne directrice de son plan stratégique. Une continuité dans l’ambition mais une rupture dans la méthode. Objectif : passer d'un rôle de "dépanneur" à celui de distributeur majeur.

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Le constat est sans appel : la division "France" n’a pas encore réussi à transformer sa position pour se classer dans le Top 3 des acteurs de l’Hexagone. Loin donc des ambitions du leader européen ! Sous la direction de Peter Vanosmael, parti à la retraite en septembre dernier, LKQ France a construit son socle logistique avec un réseau sept entrepôts couvrant le territoire national. Le premier étage de la fusée posé, restait à consolider le maillage de proximité. Or, les 55 distributeurs partenaires historiques et leurs 110 points de vente ne suffisent pas à assurer une couverture optimale. Fidèle à l’ADN de sa maison-mère, la filiale française a tenté d’accélérer via la croissance externe. Mais sans succès !

Nouvelle équipe, nouvelle méthode

Remplaçant de Peter Vanosmael, qui a lancé VHIP dans l’Hexagone devenu LKQ France, David Colantonio pourrait être celui qui réussira à construire le deuxième étage permettant à la fusée LKQ France de décoller ! Son profil dit déjà beaucoup de la stratégie imaginée pour la France. Directeur général de LKQ Belgique depuis 2020 (fonction qu’il conserve), il a rationalisé le dispositif belge issu d’une vingtaine d’acquisitions successives – « trop de couches pour être optimum » –  ; bousculé le modèle de plateformes « qui en Belgique livrent aujourd’hui aussi bien les distributeurs que les garages » ; intégré la peinture et les pneumatiques. Résultat : en cinq ans, l’EBITDA est repassé au vert et le chiffre d’affaires a plus que doublé. « Il n’est pas question de dupliquer le modèle en France, mais tout au moins de s’en inspirer, notamment sur la méthode », explique le nouveau DG France. Pour y parvenir, il peut compter sur la compréhension du modèle par Charles Baeyaert, également un transfuge de LKQ Belgique, qui a pris la direction commerciale en janvier 2025. Et dernièrement, l’équipe s’est étoffée d’une direction "grands comptes" dirigée par Boris Guth, issu des rangs d’AAG France. « L’important est de créer le bon collectif pour mener la transformation. Nous allons vivre cinq années intensives avec l’ensemble des équipes », prévient-il. 

Indispensable réseau de filiales

S’il dit arriver « avec d’autres ambitions pour la France qui est pour LKQ un marché à fort potentiel », c’est surtout avec un changement de "logiciel" qu’il espère transformer l’essai et muscler le maillage via la création d’un réseau de filiales. Exit les campagnes d’acquisition XXL. « En France, les grands groupes ne sont pas à vendre. Et les indépendants d’envergure ne le sont pas davantage. »  La stratégie repose désormais sur la création progressive d’un réseau de filiales en propre. Les premières implantations pourraient voir le jour via la reprise de moyennes et petites structures souhaitant transmettre leur activité. La création ex nihilo de sites reste également envisagée dans les zones stratégiques dépourvues d’opportunités de rachat. Une approche déjà éprouvée en Belgique ! « Dans tous les cas nos partenaires BPN demeurent au cœur du dispositif. Sur les zones ciblées, ils auront la priorité s’ils souhaitent s’y développer. Cette approche pragmatique implique un "respect" mutuel : avec la définition de zones où LKQ n'ouvrira pas de sites si les partenaires sont forts », assure David Colantonio. Donc impliquer les partenaires distributeurs dans le plan est stratégique pour LKQ France, qui ambitionne de passer du rôle de dépanneur à celui de fournisseur privilégié. « Cela impliquera des choix forts sur les clients avec lesquels nous souhaiterons renforcer la collaboration ! Car avant de penser acquisitions, il faut bâtir des fondations solides. » 

Budget ouvert… et cinq ans pour transformer l’essai

Reste la question : dans un contexte où la maison-mère est sous tension et a lancé un vaste plan de rationalisation/économie, LKS est-il prêt à financer ces investissements ? « La stratégie européenne consiste effectivement à consolider les pays où de nombreuses acquisitions ont été réalisées, générant d’importantes parts de marché permettant de privilégier la croissance organique. En France, tout reste à faire ! Ma direction Europe me demande d’accélérer. J’ai une feuille de route qui me laisse l’opportunité de faire de la croissance externe pour maintenir un cap de développement. J’ai quasiment budget ouvert ! » 

David Colantonio se donne cinq ans pour déployer son plan d’action. Les contours détaillés devraient être dévoilés d’ici mars-avril. Échéance qui pourrait également coïncider avec l’ouverture de son premier site filiale en France ! 

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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