LKQ annonce un CA organique en repli de 2,7 % sur 2025
Difficile année 2025 pour les géants US de la pièce ! Dans la foulée des résultats décevants de GPC, c’est au tour du distributeur de Chicago de dévoiler des chiffres globalement dans le rouge. Et sur cette année, c’est le business Europe qui a le plus souffert.
« Tout au long de l'année 2025, notre équipe s'est concentrée sans relâche sur ce que nous pouvions contrôler, ce qui nous a permis de générer un flux de trésorerie disponible important malgré les difficultés rencontrées par notre entreprise à l'échelle mondiale. Notre activité en Amérique du Nord a gagné des parts de marché dans un contexte de faible demande grâce à une politique de prix rigoureuse. Malgré les difficultés rencontrées en Europe, nous avons poursuivi l'intégration et la simplification de nos opérations afin de soutenir l'amélioration durable de nos marges […]. L'équipe de direction européenne a adopté une position plus ferme en matière de productivité afin de garantir la mise en place d'une structure de coûts appropriée en 2026 », a déclaré Justin Jude, président-directeur général de LKQ Corp.
Et de fait, sa filiale européenne a bouclé le 4e trimestre sur un CA de 1,562 Md$, certes en légère progression vs T4 2024, mais avec un business organique qui sombre à - 4,8 % ! Au total sur 2025, LKQ Europe a généré 6,3 Md$ de ventes, qui se traduisent en CA organique par une dégringolade cumulée de l’ordre de 14 % ! Pas vraiment un signal positif à l’heure où sa maison-mère américaine, sous les feux d’un investisseur particulièrement activiste (Ananym Capital), étudie la possibilité stratégique de se séparer de sa branche européenne, comme le financier l’en enjoint !
De la restructuration… à une possible scission
Une année tendue donc pour LKQ Europe qui, logiquement, impacte les résultats du groupe. Ainsi, son chiffre d'affaires total pour l'année 2025 s'est élevé à 13,7 Md$, soit une baisse de 1,3 % par rapport à 2024. Le CA total des pièces et services a diminué de 1,5 % et même de 2,7 % en version "ventes organiques". À 596 Md$, le bénéfice net perd 10 % comparé à 2024. Et pour 2026 ? LKQ anticipe un marché « pièces et services » au ralenti avec une évolution pouvant être, au pire, en recul de 0,5% et en croissance de 1,5% au mieux.
À l’instar de l’autre consolideur US, GPC, LKQ subit la pression des investisseurs et a donc dû dégainer un plan de restructuration de ses activités. Au programme : rationalisation du portefeuille d’activités en cédant « les actifs non essentiels » telles la vente de son segment "Self Service" et la mise sur le marché de sa division "Specialty", le déploiement d’un plan d’économies à l’échelle mondiale notamment via le passage au crible des références stockées, cibler plus drastiquement les possibles investissements d’acquisition… Un plan pour lequel le distributeur a annoncé un coût de 60-70 M$, pour espérer 50 M$ d’économies annuelles. Plus de la moitié des économies devraient être réalisées en 2026, a indiqué LKQ.
Mais les investisseurs ne pourraient pas s’en contenter et donc continuer à demander une amputation plus drastique des activités à faible croissance, avec pour cible la structure européenne. Injonction qui pourrait être entendue, comme l’a été celle du fonds Elliott Investment Management qui a poussé GPC à annoncer le 17 février le lancement de son chantier de scission de ses activités auto et industrie. Coup d’envoi des grandes manœuvres avec en arbitre des élégances... la Finance.