Taxes Trump : Et si la guerre commerciale faisait un flop ?
Le “Jour de la libération” annoncé par Trump a pétrifié l’économie mondiale, qui a bien senti qu’il s’agissait aussi du jour où le libre-échange jouait sa liberté ! Lorsque le Président américain a annoncé en avril les droits de douane les plus élevés depuis près d’un siècle, tous les acteurs ont vu poindre le risque de récessions en cascade. Et finalement huit mois et de nombreux de rebondissements plus tard, le premier bilan est moins catastrophique que craint.
La menace américaine a fait planer pendant des mois des droits de douane stratosphériques. Finalement, on atteint globalement 11 % en Europe, ce qui reste beaucoup plus que les 2,5 % précédents, mais absorbable par des entreprises américaines qui avaient devancé l’appel en gonflant leurs importations avant que le couperet ne tombe. À titre d’exemple, les analystes parlent d’un effet négatif de l’ordre de - 0,1 % sur le PIB de la France. Mais l’impact est plus violent pour les entreprises chinoises menacées de 100 % de droits de douane sur leurs exportations – sauf accords commerciaux préalablement signés –, indiennes (50 %), canadienne (35 %)… Mais sont venus aussi s’ajouter les “tarifs” spéciaux de 25 % notamment sur les produits automobiles et poids lourds.
Nouvel ordre économique mondial ?
Reste le découplage Chine-USA, débouchant sur une baisse de 28 % des exportations chinoises vers les États-Unis pour se reporter fortement vers l’Afrique et l’Amérique latine (+ 27 %) et dans une moindre mesure l'Europe (+ 10 %). De quoi dessiner une nouvelle configuration de l’ordre économique mondial perturbateur des chaînes de valeur. Et si, globalement, l’écosystème de l’après-vente automobile n’est pas déstabilisé par ces “attaques au libre-échange”, la question est plus prégnante pour les équipementiers mondiaux. « La politique douanière des États-Unis rend difficile toute prévision quant à l’évolution du marché », s’inquiète Marc Siemssen, membre du comité de direction de Meyle. Plus percutant pour des industriels tels que Brembo, directement impacté du fait de droits de douane de 72,5 % sur les pièces, et notamment les plaquettes de frein toutes fabriquées en Chine ! « En tant que distributeurs, nous sommes donc très attentifs à la façon dont nos partenaires équipementiers absorbent ces crises », commente Stéphane Antiglio, président de Parts Holding Europe. La supply chain est également bousculée. «Même les entreprises ne commerçant pas directement avec les États-Unis ressentent les répercussions indirectes, car la logistique mondiale se réorganise. Les coûts augmentent, les chaînes d’approvisionnement sont déviées et la complexité administrative s’accroît », assure Fotios Katsardis, président de Temot. Voir si les conséquences de ce mur tarifaire transatlantique et de l’offensive chinoise vers les marchés hors US resteront gérables en 2026 !