Les « micro-entreprises » de l’auto marquent le pas en 2025
Sans surprise, le bilan 2025 confirme la tendance observée à mi-année : le secteur du commerce et de la réparation automobile atteint un niveau historique de défaillances d’entreprises. Le taux y est nettement supérieur à la moyenne nationale, et ce sont surtout les structures sans salariés qui paient le plus lourd tribut, selon le dernier baromètre de BPCE L’Observatoire.
En 2025, BPCE L’Observatoire recense 2 922 défaillances (sauvegarde, redressement et liquidation) dans le commerce et la réparation automobile, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024, contre +3 % en moyenne tous secteurs confondus. Dans le détail : 1 728 défaillances concernent les entreprises du commerce automobile ; 1 194 touchent les ateliers de réparation. Comme en2024, les structures sans salariés apparaissent les plus fragilisées. Le seul segment du commerce sans salarié totalise 954 défaillances, soit presque deux fois plus que les ateliers de réparation portés uniquement par leur dirigeant. À l’inverse, les entreprises employant des salariés semblent avoir mieux absorbé la dégradation conjoncturelle, malgré une montée générale des défaillances observée dans l’ensemble des secteurs.
Retour vers des niveaux « normaux »… mais élevés
Après les années atypiques post-covid , la situation des PME et TPE revient progressivement vers un rythme plus habituel de procédures. En 2025, 68 650 défaillances ont été enregistrées tous secteurs confondus (+2 % par rapport à 2024). Un niveau élevé, mais désormais stabilisé. Cependant, ce tableau sombre est en partie contrebalancé par une dynamique de création d’entreprises particulièrement soutenue. L’année 2025 enregistre un record avec 1,2 million de nouvelles structures créées (+5 % par rapport à 2024), soit un doublement en dix ans. Les micro-entreprises restent, logiquement, les plus nombreuses à se créer (+6 % sur un an). Le commerce figure parmi les secteurs les plus dynamiques, avec une progression des créations de +12 %.
Le ratio défaillances/créations, indicateur clé
Pour BPCE L’Observatoire, le ratio entre défaillances et créations — autrement dit la fréquence des défaillances — constitue un indicateur plus pertinent pour mesurer la vitalité économique réelle. En 2025, ce ratio s’établit à 1,11 %, un niveau stable par rapport à 2024 ; les défaillances partiellement compensées par le dynamisme des créations. Des disparités apparaissent néanmoins selon la taille des entreprises. Ainsi, la fréquence des défaillances est quasi stable pour les entreprises sans salarié, recule nettement pour celles de 1 à 9 salariés (−15 points), en revanche progresse pour les entreprises de 10 à 49 salariés (+8 points) et augmente même fortement pour celles de 50 salariés et plus (+13 points).
Des perspectives 2026 sous tension
Dans un contexte d’incertitudes géopolitiques persistantes — menaces protectionnistes, volatilité des coûts de l’énergie — et avec une croissance du PIB attendue à seulement 1 % en 2026 (après +0,9 % en 2025), le niveau des défaillances devrait rester sur un plateau élevé. BPCE L’Observatoire anticipe ainsi environ 69 000 défaillances en 2026, confirmant une phase de normalisation à haut niveau plutôt qu’un véritable reflux.