Marché VN: des raisons d’espérer, selon l'OVI

, mis à jour le 15/01/2026 à 14h45
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Iveco

Des volumes d’immatriculation au pire stable, au mieux en hausse de 5 %. Après un exercice 2025 chaotique, l’OVI veut croire à une reprise du marché du neuf en 2026 ! Le besoin de renouvellement des flottes, (trop) longtemps reporté du fait d’une conjoncture incertaine, semble reprendre le dessus…

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Après deux solides exercices en 2023-2024, l’instabilité politique et les incertitudes économiques ont eu raison des volumes d’immatriculations en 2025. « Une année à deux visages », note Arnaud Villéger, le directeur de l’Observatoire du Véhicule Industriel (OVI). Et si le second semestre a connu une baisse moins prononcée que les six mois précédents (- 20 % !), les ventes de poids lourds ont accusé sur les neuf premiers mois un net recul de 16,7 %. Soit - 16,9 % sur douze mois glissants…

Tous les segments ont été concernés : les tracteurs ont connu une baisse de 10,5 %, les porteurs de 9,2 %, les remorques et semi-remorques de 7,3 %. Quant aux VUL, leurs immatriculations ont reculé de 8,1 %. À noter : le recul français est à l’image de l’état du marché européen, qui a baissé de 10,3 % sur la même période. Sur les principaux marchés, seule la Pologne, avec + 6 %, affiche un résultat positif.

Fin de l’attentisme ?

Un retournement de marché du VN est-il envisageable ? C’est bien ce que prévoit l’OVI pour l’exercice 2026. L’organisme de veille note en effet que le mois de décembre, particulièrement dynamique, pourrait bien donner le coup d’envoi d'une franche reprise du marché VN. Et de souligner certains fondamentaux bien orientés. D’abord, des carnets de commande chez les distributeurs qui se remplissent en fin d’année ! Selon l’enquête réalisée auprès d’un panel de concessionnaires, les carnets de commande de tracteurs neufs sont en nette augmentation, avec une hausse moyenne de 24,2 %. Les carnets de commande effectifs des porteurs sont, eux aussi, en progression dans une moindre proportion, à + 5,3 %. Les commandes de VUL neufs reprennent elles aussi des couleurs avec une augmentation de 8,6 %. Autre point positif : la part des trajets à vide, en baisse sur les dix dernières années et qui s’établit à 17,5 %. Ce qui place les acteurs français du TRM comme de très bons élèves en Europe, où la moyenne européenne dépasse les 20 %.

Aussi, l’OVI anticipe une année 2026 qui devrait, selon une fourchette basse, s’avérer stable avec 44 000 unités immatriculées ; selon une fourchette haute, connaître une hausse de 5 %, tirée par le segment des tracteurs (+ 10 % à plus de 25 000 unités) et atteindre ainsi 46 350 immatriculations.

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OVI_previsions 2026

« Ligne de crête »

Si l'OVI affiche son optimisme, il n'omet pas l'existence d’autres indicateurs qui, eux, ne sont pas bons. À commencer par le moral des ménages, qui impacte directement le TRM. Autre sujet d’inquiétude : une situation de trésorerie préoccupante chez les acteurs du transport. Ou encore le secteur du BTP, qui accuse 10,1 % de marchés conclus en moins sur 2025, ce qui aura mécaniquement un impact sur cet exercice.

« Le brouillard ambiant né de l’instabilité politique – synonyme d’absence de visibilité sur le plan fiscal pour les chefs d’entreprise – et des indicateurs pouvant apparaître comme antinomiques font que le TRM évolue actuellement sur une ligne de crête », analyse Arnaud Villéger. À cet égard, l’activité a bien résisté en 2025, avec des tonnes-km transportées à - 0,1 % par rapport à 2024. Soit « un plateau haut, mais qui s’avère fragile », relève le directeur de l’OVI. En parallèle, les projets d’investissement ont vu leur solde d’opinion clairement remonter en 2025 selon l’Insee. Une donnée qui rejoint la bonne orientation déclarée par le panel d’experts pour l’OVI, avec des carnets de commande bien remplis. Cependant, dans un sondage réalisé pour l’Union TLF, 50 % des dirigeants du TRM déplorent une demande de transport insuffisante.

Verdissement : le courant passe toujours mal…

Les immatriculations des véhicules de plus de 5 tonnes n’ont pas dérogé à la règle des exercices précédents : avec 2,1 % du total, les immatriculations de véhicules 100 % électriques restent confidentielles. Le diesel, avec 89 %, reste roi ; le B100 a concerné 5,2 % des immatriculations et le GNV 3,3 %. Toutefois, sur le dernier mois de l’année, la part des véhicules électriques a bondi à 3,7 %. Premiers effets de la l’entrée en vigueur des certificats d’économie d’énergie ?

Jérémie, avec 20 ans d’expérience, suit chez Zepros Auto les réseaux multimarque et véhicule industriel, décryptant mutations, enjeux technos et transition énergétique du secteur automobile.
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