Ludovic Rigot : « Movalib veut remettre la rentabilité au cœur de l’atelier »

, mis à jour le 01/09/2026 à 17h20
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Ludovic Rigot

Fondée en 2023 par Ludovic Rigot, la jeune pousse de Villeneuve-d’Ascq accélère ! Son pari : simplifier le quotidien des ateliers grâce à une plateforme qui connecte distributeurs, réparateurs et automobilistes. Et une promesse, celle de faire gagner du temps au patron du garage car le temps, c’est de l’argent. 

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Movalib compte aujourd’hui 17 collaborateurs, revendique une croissance de son chiffre d’affaires multipliée par 2,5 en un an et vise un triplement de ce dernier sur les douze prochains mois. Longtemps discrète, elle veut à présent se faire entendre. Ludovic Rigot, à la tête de la société spécialisée dans les outils digitaux pour l’après-vente auto, et ancien garagiste, entre donc dans une nouvelle phase de développement. Derrière cette accélération, la même conviction de départ : le digital ne doit pas ajouter une couche de complexité au patron de l’atelier mais lui faire gagner du temps, du chiffre et de la rentabilité. C’est sur ce terrain que Movalib joue la démarcation face aux solutions de gestion traditionnelles. Simplifier plutôt qu’empiler les solutions : la promesse de l’outil « tout-en-un » doit « aligner les intérêts du distributeur, du réparateur et du client final qui partagent la même plateforme et les mêmes données », explique Ludovic Rigot. Prise de rendez-vous en ligne, gestion de la fiche Google, collecte d’avis, facturation, pré-comptabilité, relation client… Movalib agrège ces fonctionnalités dans un même environnement. Avec une logique revendiquée de simplicité, inspirée des usages de plateformes grand public comme Doctolib ou Planity. L’entreprise affirme pouvoir installer sa solution en moins de trois semaines et annonce par ailleurs plus de 3,5 % de chiffre d’affaires additionnel net en moyenne chez ses clients équipés dès la première année, ainsi qu’un taux de fidélisation proche de 70 %. Les réseaux de distribution qui l’ont accompagnée dans ses premières expérimentations auraient, eux, constaté une progression moyenne de 16 % du chiffre d’affaires dans les garages équipés.

Du petit artisan au gros atelier

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Movalib

Dès sa création, Movalib a fait un choix, celui de commencer par les structures indépendantes les plus petites. Des garages parfois constitués d’un seul mécanicien, avec deux à trois collaborateurs en moyenne. « Notre premier client était le garage qui était seul ou avec un mécanicien », rappelle Ludovic Rigot. Un choix qui a obligé la start-up à adapter son outil aux réalités très différentes de chaque garage. Le logiciel est donc paramétrable selon les organisations et les besoins. Une approche qui lui permet désormais de monter en volume jusqu’à des structures comptant une douzaine de mécaniciens, auprès des pneumaticiens, des centres-autos ou de gros garages affiliés… 
Le marché cible s’est, lui aussi, considérablement élargi. « Au démarrage, nous adressions à peu près 9 500 cibles en 2023… contre 60 000 aujourd’hui », chiffre Ludovic Rigot. Pour autant, Movalib reste concentré sur l’aftermarket indépendant. Un choix assumé, notamment dans un contexte « où l’âge moyen du parc augmente et où la pression sur le budget automobile renforce l’intérêt économique des réseaux indépendants. » Le discours de Movalib dépasse donc la seule transformation numérique. Le sujet est économique. « Notre métier, ce n’est pas de facturer chaque demande, chaque ticket, chaque support. Notre métier aujourd’hui, c’est de simplifier la relation entre chaque population », insiste encore Ludovic Rigot. Le modèle repose sur un abonnement (SaaS), avec un panier moyen annoncé autour de 205€. Une logique volontairement lisible, alors que les garages jonglent souvent avec une multitude d’outils et de prestataires. 
Cette volonté de remettre le service et la rentabilité au centre explique aussi l’ouverture progressive vers les réseaux et les acteurs de la distribution. Movalib annonce notamment des partenariats avec DCA Districash, Global Auto Pièces, Mister Auto (Stellantis), et Auto First France… et revendique une trentaine de nouveaux ateliers par mois avec une capacité de déploiement pouvant atteindre 100 à 150 ateliers mensuels. « Nous avons renforcé l’équipe en ce sens avant même d’avoir signé nos accords parce que nous voulons garder le service client », souligne le dirigeant.

L’IA au service de l’atelier

L’intelligence artificielle constitue l’autre accélérateur mais là encore, Movalib refuse d’en faire une fin en soi. « Nous sommes très centrés sur l’utilité et la rentabilité de ce que nous développons », affirme Ludovic Rigot. L’IA intervient d’abord pour automatiser les tâches chronophages, est utilisée dans le développement et les tests du produit, puis dans l’analyse des usages afin de réduire le nombre de clics et la pénibilité pour les utilisateurs. Mais c’est surtout dans la relation avec l’automobiliste que la technologie prend une dimension opérationnelle. Movalib a développé une IA téléphonique capable de prendre les demandes de rendez-vous et de les intégrer directement dans l’agenda du garage. La particularité revendiquée est d’aller au-delà du simple standard téléphonique automatisé. L’outil croise agenda, données véhicule, temps d’intervention et disponibilité des pièces. « La demande de rendez-vous, quand elle arrive dans l’agenda, est déjà 100 % qualifiée », assure le dirigeant. Le garage sait ainsi s’il pourra réaliser l’intervention, commander les pièces à temps et organiser son planning, jusqu’au véhicule de prêt et aux documents associés.

De la création de valeur dans toute la chaîne

Dès le départ, la start-up a cherché à structurer sa technologie et sa sécurité. Présentée au CES de Las Vegas 2025, elle y a été distinguée comme troisième projet innovant français. En 2024, Movalib a également bénéficié d’une levée de fonds de 1,2 M€ (avec Bpifrance, Banque Populaire du Nord, French Tech Lille et Hodéfi). Mais Ludovic Rigot veut surtout éviter l’écueil du digital pour le digital. « Nous sommes évidemment en conquête, mais notre première motivation est de nous demander ce que nous pouvons faire pour la profession », résume-t-il. Son prochain défi sera donc de démontrer que le digital peut transformer le garage, et réussir à le déployer à grande échelle sans perdre son ADN : simplicité, service et création de valeur dans toute la chaîne.

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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