Aliapur veut faire de l’éco contribution un levier de réindustrialisation
L’éco-organisme de la filière pneumatique soutient quatre recommandations du rapport parlementaire sur les éco-organismes : rendre l’éco contribution visible sur les factures, renforcer la concertation entre les parties prenantes sans diluer la gouvernance des producteurs, mesurer l’efficacité des dépenses et sécuriser les débouchés des matières recyclées européennes. Pour Aliapur, ces évolutions doivent améliorer la transparence et la performance des REP, tout en faisant de l’économie circulaire un levier de réindustrialisation.
Aliapur soutient quatre des 57 recommandations du rapport parlementaire sur les éco-organismes. L'éco-organisme de la filière pneumatique retient les mesures qui touchent à la transparence de l'éco-contribution, à la gouvernance, à l'évaluation des dépenses et aux débouchés des matières recyclées. Il veut aussi faire de la responsabilité élargie du producteur (REP) un outil de réindustrialisation, au-delà du seul financement de la fin de vie des produits.
Le rapport d'information est porté par les députés Anne-Cécile Violland et Stéphane Delautrette. La commission du développement durable de l'Assemblée nationale a examiné le rapport de la mission d'information sur les éco-organismes et les éco-contributions le mardi 3 novembre 2026, comme l'indique la page de la commission consacrée à cet examen.
Une éco-contribution visible sur les factures
Le premier levier concerne la transparence. La proposition n° 23 prévoit d'afficher séparément l'éco-contribution sur les factures dans dix filières, dont les pneumatiques. Ce « visible fee » permettrait de suivre la contribution à chaque étape de la chaîne commerciale. Il aiderait aussi à repérer les metteurs sur le marché qui ne remplissent pas leurs obligations.
Le sujet est sensible pour une filière exposée aux ventes en ligne et aux importations. Pour l'éco-organisme, cet affichage sert à lutter contre la fraude. Il doit aussi garantir que chaque producteur finance réellement la collecte et le traitement des pneus usagés.
Plus de dialogue, mais les producteurs gardent la main
La proposition n° 29 prévoit un comité unique des parties prenantes dans les filières où opèrent plusieurs éco-organismes. L'éco-organisme approuve une concertation avec les collectivités, les collecteurs, les recycleurs et les acteurs du réemploi. Il fixe toutefois une limite : ce dialogue plus large ne doit pas diluer les responsabilités.
Son argument est simple. Les producteurs financent le dispositif et répondent de la fin de vie de leurs produits. Ils doivent donc garder un rôle central dans la gouvernance, en équilibre avec la participation des autres acteurs.
Des objectifs de résultats
La recommandation n° 41 propose de passer d'objectifs de moyens à des objectifs de résultats. L'éco-organisme demande une évaluation plus stricte de l'efficacité de l'éco-contribution. Il prend l'exemple du soutien au rechapage des pneus de véhicules légers : selon lui, toute aide financière doit d'abord être évaluée pour son efficacité environnementale et sa pertinence économique. Dépenser ne suffit pas. Il faut aussi prouver l'impact.
La pyrolyse comme test industriel
La proposition n° 56 porte sur la demande en matières recyclées européennes. Pour l'éco-organisme, la REP doit organiser la collecte et le traitement, mais aussi aider à structurer des filières industrielles et assurer des débouchés durables aux matières recyclées.
La pyrolyse des pneus usagés en donne un exemple. Le procédé produit du noir de carbone régénéré. Celui-ci peut remplacer une partie du noir de carbone vierge dans les pneus neufs, à condition de préserver leurs performances et leur durée de vie. À la mi-octobre, l'éco-organisme a signé un protocole d'accord avec Infiniteria Europe pour fournir les pneus de deux futures usines françaises de recyclage par pyrolyse. Infiniteria est une coentreprise créée en 2023, détenue majoritairement par Antin Infrastructure Partners. À ce stade, le protocole fixe un cadre de discussion : l'accord d'approvisionnement reste à conclure.
Ces capacités locales ont aussi besoin de débouchés pour les matières produites. L'éco-organisme demande donc aux pouvoirs publics de faciliter les implantations industrielles, car il juge les délais encore trop longs en France.
« Les REP doivent être transparentes, efficaces et ambitieuses sur le plan industriel, sans perdre de vue leur raison d'être : organiser la responsabilité environnementale des producteurs », affirme Mathieu Chardin. Le directeur général d'Aliapur pose aussi une limite claire : « une REP efficace n'est ni une taxe ni un instrument de financement sans limite ».