Fraudes à l’immatriculation : la FNA monte au créneau
La Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) alerte les pouvoirs publics sur une recrudescence de fraudes massives à l’immatriculation des véhicules. Une situation qui pénalise dangereusement les professionnels habilités. Les pouvoirs publics doivent d’urgence sécuriser le système.
« Depuis plusieurs mois, de nombreux professionnels de l’automobile habilités pour immatriculer les véhicules et agréés par l’État pour percevoir les taxes sont victimes d’attaques informatiques ciblées. Ces attaques reposent sur des usurpations d’identité administrative et des techniques d’hameçonnage sophistiquées. » Description apocalyptique d’une aggravation des dysfonctionnements du SIV et de graves défaillances de sécurité. En cause, selon la FNA : « L'absence de sécurité au moment de l’authentification selon les standards d’aujourd’hui et de garde-fous permettant de détecter automatiquement les anomalies volumétriques. »
Fraudes à plusieurs centaines de milliers d’euros
Si la situation fait courir un danger en termes de sécurité routière (circulation de véhicules immatriculés frauduleusement), les professionnels victimes de ces attaques sont en première ligne. Car ces derniers se voient réclamer par l’administration fiscale les taxes liées à ces immatriculations frauduleuses, pour des montants pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros, affirme la fédération. « Ces garages sont des entreprises qui se retrouvent menacées pour des fraudes qu’elles n’ont pas commises. Les professionnels ont respecté les règles, alerté les autorités et déposé plainte. Il est urgent de sécuriser ce système pour protéger à la fois les garages et les automobilistes », insiste Bruno Choix, président de la branche Maintenance-Vente de la FNA.
Sécuriser d’urgence
Face à cette situation, la FNA a saisi le cabinet du Premier ministre et tous les ministères concernés et demande : la sécurisation effective de l’accès au SIV (authentification renforcée, détection des anomalies, alertes automatiques), la suspension immédiate de tout indu visant les professionnels victimes, la protection des professionnels victimes, notamment contre les suspensions prolongées d’habilitation et les procédures de recouvrement injustifiées, la mise en œuvre d’un audit des immatriculations suspectes afin de rétablir la fiabilité du système. À défaut, la FNA prévient : de nombreux professionnels pourraient sortir du dispositif d’habilitation.