Image
LKQ OPTIMAL
Image
LKQ OPTIMAL

Moove Lab : dénicheur d’entrepreneurs

Muriel Blancheton
Image
Station F Move lab

Depuis cinq ans, le Moove Lab grossit ses rangs avec des start-up candidates à l’entrepreneuriat. Initié par Mobilians et Mobivia, accueilli chez Station F, l’incubateur reconnecte une génération née de la Tech avec celle plus conventionnelle des métiers de l’auto. Mais en prouvant que ces deux univers sont intrinsèquement liés, le Moove Lab a franchi un cap et est déjà parti à l’assaut de l’Europe. 

Partager sur

« Une organisation patronale ne fait pas forcément partie de l’ancien monde ! Le Moove Lab en est la preuve flagrante. Depuis 2017, nous boostons la création d’entreprises et facilitons l’innovation dans l’automobile. Et le pari était loin d’être gagné, croyez-moi », lance Xavier Horent. Le directeur général de Mobilians replace le lancement de l’incubateur de start-up liées aux nouvelles mobilités dans le contexte : une forte poussée technologique et des idées nouvelles, mais dans un univers de l’auto encore très traditionnel. Trop peut-être. D’où cette réflexion : comment empêcher la mise à l’écart et la déconnexion des métiers conventionnels de l’automobile, du distributeur VN jusqu’au réparateur ? « C’était même pire que cela ! Il fallait à tout prix éviter d’opposer frontalement les deux mondes. Il y a cinq ans, relier ces deux univers n’était pas si naturel », se remémore le directeur général de Mobilians. L’appui de Mobivia, adhérent de Mobilians (ex-CNPA), avec son propre incubateur Via ID créé en 2010 pour monter le programme d’accélération Moove Lab, est venu concrétiser le projet. La création du campus Station F, initié par Xavier Niel, tombait à pic pour les deux protagonistes qui ont vu l’opportunité de s’adosser à un pilier solide. « Nous avons du "pitcher" notre projet, comme le font les start-upers, devant les équipes de Xavier Niel qui nous ont ensuite sélectionnés pour piloter cette branche des nouvelles mobilités, au beau milieu de tous les autres programmes du campus. » Chacun tient son rôle : Mobilians et l’apport de partenaires de tous horizons (BMW Group France, Bridgestone, Bee2Link, BCA Expertise, l’EIT Urban Mobility, Cofidis, le pôle de compétitivité automobile NextMove, l’ANFA, l’OPCO Mobilités, Opteven, Roole, EDF et Bessé), Via ID pour accompagner les start-up dans leur croissance et leurs demandes de levées de fonds, et enfin l’émulation trépidante d’un lieu tel que Station F. 

Un Moove Lab européen

Une hybridation qui fonctionne ! Cinq années plus tard, le Moove Lab annonce 83 start-up « accélérées », soit 10 promotions de six mois, 40 ateliers de travail, 1500 emplois directs et 110 M€ de levées de fond (voir encadré). Les thématiques sont multiples : vélo, recharge intelligente (électrification du parc), outils de gestion de flotte, smart-cities, intermodalité, nouveaux usages, digitalisation des services, mobilité durable, forfait mobilités durables, connectivité des données, formation à la sécurité et à l’éducation routière, nouvelles énergies, économie circulaire, mobilité inclusive… 
À noter que cinq « alumni » du Moove Lab ont été acquis par des acteurs du marché dont PayCar racheté par Leboncoin en 2019 et Fidcar par MotorK en 2021. « Nous enregistrons jusqu’à 180 candidatures par promotion, y compris pendant la période Covid, et nous n’observons aucun ralentissement dans les demandes, c’est même en accélération. Et c’est pour cela que nous avons doublé le programme en 2022 et pris une tournure européenne en incluant une à deux start-up non françaises dans chaque promotion et en envoyant nos élèves à l’étranger », notent Xavier Horent et David Schwarz, le directeur général de Via ID.

Le Moove Lab a ainsi élargi ses missions : 
•    À commencer par le partenariat renouvelé avec Impact Germany, le programme de Business France, dédié à l’accélération vers le marché allemand des start-up françaises de la Tech. À ce titre, après CaRool et Reparcar en 2022, ce sont quatre start-up françaises qui intégreront le programme en mai 2023.
•    Autre partenariat, celui signé avec l’EIT Urban Mobility, l'Institut européen d'innovation et de technologie, pour accélérer la transformation de la mobilité urbaine. Depuis 2019, l'organisation a investi dans 80 jeunes start-up de mobilité dans 24 pays européens (29 % sont dirigées par des femmes). 

Création d’un accélérateur pour la filière traditionnelle

Retour en France avec le lancement de l’Observatoire des start-up françaises de la mobilité. À la demande de la filière et des start-up elles-mêmes, l’idée est d’avoir une analyse annuelle (quanti et quali), et in fine à plus long terme du marché des start-up pour décrypter les innovations et les projections. « Tout sera étudié, les ratios économiques, les créations d’emplois, les succès comme les échecs, les tendances, les coopérations et les territoires les plus dynamiques. Nous avons une masse de données de tous bords qui nous permet déjà de démarrer ce travail de fond », explique David Schwarz. L’Observatoire aura également pour objectif d’étudier leur impact sur la stratégie des acteurs historiques de la filière. Enfin, fin 2023, un événement rassemblera les meilleures start-up françaises de la mobilité et les principaux investisseurs français et européens, afin de les accélérer dans leurs levées de fonds. Le Moove Lab est quasiment devenu un écosystème à part entière qui jette des ponts vers les entreprises, les filières voisines et les pouvoirs publics. Chaque promotion contient un mix entre des start-up avec des projets disruptifs mais plus longs à mettre en œuvre et d’autres avec des solutions connectées applicables chez les pros à très court terme. Un équilibre qui permet de répondre aux attentes des entreprises. 

Image
Move Lab Xavier Horent

« La filière est devenue mature sur le sujet des start-up, de la data…Nous allons droit vers un décloisonnement total en vente comme en après-vente. Un travail de fond à été fait depuis cinq ans et nous allons aller encore plus loin », ajoute Xavier Horent, évoquant même la mise en place d’un accélérateur pour les entreprises de la filière, « à l’image de l’accélérateur Bpi qui accueille déjà des distributeurs et des agents, mais aussi des recycleurs et des réparateurs. Nous souhaitons transférer notre expérience du Moove Lab vers ces entreprises conventionnelles qui veulent muter, et il y en a énormément. » À suivre. 

110 M€ levés en 5 ans

  • Lizy, startup belge, spécialiste de la location longue durée de véhicules d’occasion pour les entreprises, a levé 40 M€ en 2022.
  • ProovStation, spécialisé dans l’inspection automobile par l’intelligence artificielle, a déployé sa solution dans 15 pays en Europe ainsi qu’aux États-Unis et vient de lever 10,4 M€.
  • Zenride, location de vélos via l'entreprise, a levé 8 M€ en mars 2022, notamment auprès de la RATP.
  • Lokki, la solution SaaS spécialisée dans la gestion des activités de location pour les loueurs professionnels et les acteurs du retail a levé 4 M€ en 2022 auprès entre autres de Serena Capital.
  • Géovélo, le waze du vélo, a levé en mars 2022 3,8 M€ auprès notamment de la Banque des territoires.
  • Betterway, qui a levé 5,5 M€ auprès d’Edenred en 2023, est l’acteur de référence en France pour le déploiement du Forfait Mobilité Durable en entreprise.
  • CORE for Tech, solution d'intelligence artificielle pour prévenir l'endormissement au volant, a levé 3,5 M€ en 2021.
  • Cocolis, plateforme de livraison collaborative dédiée au covoiturage de colis, a levé 2,8 M€ en décembre 2021.
  • Flitter, qui propose une assurance auto au kilomètre, a levé 2,5 M€ auprès, entre autres, de Xavier Niel, en janvier 2022.
  • Reparcar, la marketplace de la pièce auto de réemploi, a levé 2 M€ en juillet 2021.
  • La Ruche à Vélos, concepteur de parkings à vélos automatisés et sécurisés, a levé 1,5 M€ en 2021, notamment auprès de Geoffroy Roux de Bézieux.
  • Beev, qui accompagne les particuliers et les professionnels dans leur passage à la voiture électrique, a levé 1,7 M€ en 2022, notamment auprès de l’EIT Urban Mobility.
  • Fluctuo, spécialisé dans la collecte des données de mobilité partagée, a bouclé une levée de 1,6 M€ à laquelle a participé le fonds d’investissement de la SNCF 574 Invest
Muriel Blancheton
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire