Bosch vise 1 Md€ d’ici 2030 sur l’offre Reman
Forte de plus de soixante ans d'expérience dans le remanufacturage, l’équipementier allemand entend accélérer sur ce marché qu'elle juge promis à une forte croissance. Le groupe produit déjà 2,5 millions de pièces remanufacturées par an et ambitionne de porter son activité économie circulaire de 400 M€ à 1 Md€ de chiffre d'affaires dans les cinq prochaines années.
Le "reman" constitue un axe stratégique pour Bosch. Si l'équipementier ne sait plus dater précisément ses débuts dans cette activité, il estime néanmoins produire des pièces reconditionnées « depuis plus de 60 ans », rappelle Peter Lukassen, directeur durabilité de Bosch Mobility Aftermarket. Aujourd'hui, son portefeuille couvre vingt familles de produits pour un volume annuel de 2,5 millions de pièces. Les alternateurs, démarreurs et injecteurs Common Rail restent les locomotives du catalogue.
« En ce moment, la dynamique marché change. Nous constatons une tendance généralement favorable vis-à-vis du remanufacturé », observe Peter Lukassen. Bosch estime que les produits électroniques reconditionnés devraient notamment prendre de l'importance au cours de la prochaine décennie. « D'ici dix ans, le marché sera plus mûr et le neuf est beaucoup plus cher une fois passée la fin de série. Bosch veut alors se concentrer sur le Reman, plus efficace en termes de production et meilleur pour l'environnement. »
Une demande freinée par la distribution
Selon une enquête menée auprès de plus de 1 000 ateliers, l'appétence des réparateurs pour les pièces issues de l'économie circulaire est réelle. « La plupart des ateliers disent vouloir plus de PIEC et souhaiteraient avoir davantage d'options », indique Peter Lukassen. Il pointe toutefois un maillon faible : « Les distributeurs se concentrent beaucoup sur le top ventes et ne proposent pas forcément l'option Reman aux côtés du neuf. »
L'argument environnemental constitue un autre levier. Bosch a fait certifier par un organisme indépendant une réduction de plus de 80 % des émissions de CO₂ sur ses alternateurs et démarreurs Reman par rapport à des pièces neuves. L'équipementier anticipe également l'arrivée du véhicule électrique dans son offre circulaire. « Nous devons avoir des options de Reman pour les véhicules électriques, car le neuf sera forcément trop cher pour le consommateur », conclut Peter Lukassen.
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