Schaeffler surfe sur les organes électroniques
Capteurs et autres calculateurs se font moteurs du business Aftermarket chez Schaeffler Vehicle Lifetime Solutions. Un nouvel élan pour la division "rechange" de l’équipementier allemand qui vient de finaliser l’intégration de Vitesco. Un nouveau levier à actionner en complément de ses gammes historiques pour les véhicules thermiques.
Il y a trois ans, la division Aftermarket pour les mobilités (VL, VUL, PL et Agri) a fait la bascule pour devenir une entité autonome (rattachée à la holding Schaeffler) sous le nom de "Vehicle Lifetime Solutions" (VLS). Une structure qui a réalisé 3 Md€ de chiffre d’affaires en 2025, soit 13 % des 23,5 Md€ engrangés par les cinq divisions du groupe. « Cette autonomie permet à VLS France, rattachée à VLS Monde, de gagner en flexibilité », note Harry Vuylsteke, président de "Vehicle Lifetime Solutions" France, qui pour sa part annonce 148 M€ de CA en 2025. De quoi accélérer pour la mise sur le marché de la nouvelle famille "pièces techniques" issue des usines de Vitesco, industriel spécialisé dans les organes électroniques et ex-Continental racheté par Schaeffler en 2024.
Ainsi en 2025, VLS France a été en mesure d’ajouter au catalogue rechange une gamme badgée Schaeffler-Vitesco de 412 nouvelles références de capteurs et calculateurs, sachant que les capteurs NOx et les TCU « sont identifiés comme des gammes à fort potentiel ». « Il y a encore beaucoup de business qui reste dans les ateliers des réseaux constructeurs. Notre responsabilité pour soutenir la rechange indépendante est bien de proposer ces pièces techniques comme relais de croissance pour les ateliers indépendants », insiste Harry Vuylsteke.
L’offre thermique toujours en tête de pont
Cependant, si le catalogue s’enrichit de ces organes électroniques, l’équipementier reste fidèle à son histoire. « Si certains industriels ont décidé d’arrêter les produits liés aux véhicules thermiques, nous avons décidé de continuer et même d’investir pour continuer à compléter l’offre. Une démarche allant même jusqu’à convertir certaines usines de première monte en production exclusivement dédiée aux pièces de rechange », explique Hervé Moreau, directeur commercial et marketing VLS France.
Ainsi, le catalogue des marques historiques de Schaeffler a continué d’être développé. LuK, la marque spécialiste de l’embrayage, notamment le double embrayage, a intégré des kits complets incluant le volant bimasse. « L’ADN de Schaeffler est de fournir des solutions de réparation complètes ("kits") pour faciliter le travail du réparateur », insiste Hervé Moreau. Malgré l’électrification du parc, les gammes INA (Moteur) ont été enrichies bien au-delà des systèmes de distribution et d’entraînement des accessoires avec l’ajout des systèmes de refroidissement et des commandes de soupapes. « C’est un réel avantage concurrentiel. » La marque historique de FAG, couvrant la suspension, la direction, les roulements de roue et les arbres de transmission, joue la carte d’une offre complète intégrant « tous les composants nécessaires pour une réparation complète, même pour des pièces complexes ».
Branché sur l’électrification
« Schaeffler est prêt à entrer dans l’ère électrique sans abandonner le thermique », martèle Harry Vuylsteke. Et de fait, l’équipementier a lancé ses solutions de réparation d’essieu électrique (E-Axle), RepSystem G (pour les boîtes de vitesses électriques) et RepSystem M (moteur électrique). Un format en kit qui facilite la réparation et est abordable ; Schaeffler annonce que l’intervention revient de 14 % à 16 % moins cher que le changement en OE. Une offre construite avec l’aide des retours terrain de l’enseigne française de e-garages Revolte, dans le cadre du partenariat noué il y a un an.
Le levier d’un écosystème complet
« Des relais de croissance que le réparateur doit pouvoir aller chercher », argue Hervé Moreau… pour peu qu’il s’en sente les compétences ! D’où le dernier maillon de l’écosystème classé prioritaire par VLS : la montée en compétence des garagistes via sa plateforme de services RepXpert, regroupant infos techniques, tutos, modules de formation et assistance. Un accompagnement devenu indispensable et qui a déjà séduit 13 500 utilisateurs, dont 500 nouveaux en 2025, et plus de 30 000 QR codes scannés sur l’année.
Une boîte à outils solide qui doit permettre à VLS de reprendre de l’élan après une période transitoire compliquée, notamment en ce qui concerne ses capacités à servir les distributeurs, d’autant que l’équipementier affirme avoir retrouvé de bons niveaux de service. Le patron de la division Aftermarket France, qui annonce 148 M€ de CA en 2025, est persuadé d’avoir les moyens d’afficher des ambitions fortes pour la suite, persuadé que « nous avons l’offre produit, bénéficions de la notoriété de nos marques et de nos gammes pour réaliser une belle croissance ».
Schaeffler diversifié pour attreindre 30 Md€ de CA
« Notre objectif est de diversifier nos activités pour développer le business et donc consolider Schaeffler », explique Marine Durix-Confère, CEO Schaeffler France depuis le 1er juillet. D’où le rachat de Vitesco à Continental en 2024 et l’intégration de ses produits dans les collections (1er monte et rechange) cette année. Autre diversification structurante annoncée dernièrement : l’alliance avec Delair, développeur et fabricant français de premier plan de systèmes de drones (UAS), pour structurer une division « défense » notamment via la fourniture d’organes pour des drones. « Cette démarche s’inscrit dans le vaste mouvement actuel des industriels de l’univers auto se positionnant sur la défense. Il s’agit pour nous tous de trouver des relais de croissance. »
Cette diversification doit permettre de trouver un équilibre 50/50 entre activité automobile et industrie à l’horizon 2035, contre un ratio 60/40 aujourd’hui. Dix ans également pour passer le cap des 30 Md€ de chiffre d’affaires groupe, contre 23,5 Md€ annoncés pour 2025.
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