LKQ Corp. à vendre ?
Sous la pression des actionnaires, les choses se précisent du côté du "géant" américain de la pièce. Après avoir initié la rationalisation de son portefeuille européen puis ouvert la voie à une possible séparation de son activité hors États-Unis, LKQ passe un nouveau cap en envisageant une potentielle cession de l’ensemble du groupe.
L’écosystème de la rechange mondiale est en alerte suite à l’annonce, par communiqué du 26 janvier, que le conseil d’administration de LKQ examinait toutes les alternatives stratégiques afin d'améliorer la valeur pour les actionnaires, y compris une vente potentielle de la société. « Conformément à cet engagement, nous avons lancé un examen formel des alternatives stratégiques afin d'identifier la meilleure voie à suivre pour libérer la valeur qui n'est pas reflétée dans notre évaluation actuelle », a déclaré John Mendel, président du conseil d'administration. Cette annonce marque une nouvelle étape dans le vaste "chantier" engagé mi-2025 : une révision complète des alternatives stratégiques visant à accroître la valeur actionnariale.
Une sous-performance récente
On l’aura compris avec des résultats décevants (l’activité Parts & Services totale à - 3,9 % sur six mois en 2025, - 4,7 % pour l’Europe, - 4,3 % pour le négoce US et - 7,8 % pour le business "Self Service"), une action qui a "dévissé" de 20 % sur douze mois, un cash-flow opérationnel parfois négatif… les investisseurs ont clairement accentué leur pression. Et notamment celle du fonds d’investissement Ananym Capital qui avait exhorté, dès octobre dernier, LKQ à se séparer de son pan européen, n’y voyant pas de cohérence stratégique avec l’activité américaine.
Convaincre les investisseurs
Dans une interview accordée à Zepros, Andy Hamilton, le "patron" de la division Europe, semblait rester serein : « LKQ reste confiant dans ses activités européennes et engagé dans le travail de transformation en cours. » Il n’en demeure pas moins que l’option d’une cession de l’activité européenne reste d’actualité. Par appartements, par pays ou par entités ? Et surtout, à quel prix, potentiellement dégradé par rapport à l’investissement initial, LKQ serait-il prêt à vendre ? De "grandes manœuvres" sont évoquées autour de l’Italien Rhiag ou de l’Allemand Stahlgruber !
En envisageant désormais de vendre l’ensemble du groupe, l’Américain rebat les cartes. Là encore, se pose la question : qui pour acheter ? Un investisseur industriel ? Peu probable au vu de la taille du groupe qui revendique près de 15 Md$ de chiffre d’affaires. Un scénario de spin-off entre les activités US et Europe ? Si effectivement la décision stratégique est d’aller vers la vente, les analystes misent plutôt sur l’hypothèse de l’arrivée d’un fonds d’investissement…
Rien n’est encore acté
Pour l’heure, LKQ précise que rien n’est acté et que le conseil d’administration et ses conseillers n’en sont encore qu’au stade de la réflexion. « Aucune date limite ni aucun calendrier définitif n'ont été fixés pour la réalisation de cet examen stratégique, et rien ne garantit que cet examen aboutira à une transaction ou à un autre résultat stratégique », insiste LKQ dans son communiqué. Le groupe, qui a déjà entamé la rationalisation de son portefeuille en Europe mais aussi aux États-Unis (vente de LKQ Pick Your Part, son activité libre-service), a également tenu à préciser qu’il poursuivait activement la vente de sa filiale spécialisée, Keystone Automotive Operations.
Cette stratégie de désinvestissement constitue un signal positif pour les marchés financiers, qui saluent les efforts de réduction des coûts opérationnels. Les analystes tablent sur une amélioration progressive des KPI en 2026, susceptible de redonner du tonus à l’action… à condition toutefois que LKQ démontre sa capacité à exécuter ses plans stratégiques. Reste à mesurer l’ampleur des concessions que devra accepter le distributeur auprès du monde de la finance pour se dessiner un avenir plus stable. 2026, année de transition ? À suivre.