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GDSO : La puce RFID signe la révolution technologique des manufacturiers

Muriel Blancheton
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Puce RFID DGSO

L’association internationale Global Data Service Organisation, emmenée par cinq manufacturiers fondateurs, construit son propre écosystème ! Une révolution technologique basée sur une data formatée et logée dans une puce RFID implantée dans le pneumatique. Un mouvement de fond, inédit et puissant, plaçant les fabricants partenaires de GDSO au-dessus de la mêlée mondiale. 

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C’est une tectonique des plaques qu’ont initié Michelin, Pirelli, Goodyear, Bridgestone et Continental il y a deux ans en créant GDSO. Un puissant mouvement de fond sur le principe d’une petite puce. Au cœur du réacteur de Global Data Service Organisation : une donnée normée, intégrée dans une puce RFID (Radio Frequency Identification), elle-même incrustée dans le flan du pneumatique. Objectif : un suivi de chaque enveloppe tout au long de sa vie (fabricant, numéro de série), de sa fabrication à son usage jusqu’à sa valorisation et/ou destruction. Cette puce va permettre de faire un bond technologique majeur à l’ensemble du marché rassemblé autour de GDSO. Tandis que de nouveaux manufacturiers deviennent membres actifs (Giti, Sumitomo, Prometeon, Nexen et Yokohama…) et que les organismes officiels* adhèrent, Global Data Service Organisation ouvre grand la porte à de multiples partenaires pour intégrer leurs technologies : éditeurs d’ERP ou experts de la RFID (Siemens, muRata, Cipam, Incadea,…), fabricants d’équipements de garage tels que Snap-On, Beissbarth ou Hunter… développant des outils capables de lire une puce pour les ateliers, ou encore acteurs volontaires comme Intercars, Mobivia, Districash, Allopneus… testant la méthode pour leur propre business logistique. « Ce tag RFID permet de suivre le pneu scanné dès sa sortie d’usine jusqu’à son transport géolocalisé et sa mise en stock via une réception 100 % digitalisée. Une simplification de la lecture des informations grâce aux systèmes qui vont communiquer entre eux à chaque étape avec un pneumatique identifié par un portique ou un lecteur à main selon les besoins », détaille Christophe Duc, RFID Initiatives Leader OEM & Aftersales chez Michelin, adhérent GDSO. 

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Christophe Duc,

Ce dernier évoque ainsi une intégration « systémique » amont et aval. En clair, tous les acteurs de la chaîne du pneu sont invités à entrer dans l’association indépendante, plateforme collaborative internationale ouverte au plus grand nombre. Pour preuve, des manufacturiers asiatiques devraient entrer dans l’aventure d’ici fin 2024. Le but ? Standardiser les données autour du pneumatique et définir des protocoles d'accès et d'échange de ces données. « Et GDSO mettra à disposition la technologie RFID à tous ceux qui voudront en bénéficier ! », lance Christophe Duc.

  
*ETRTO (European Tyre & Rim Technical Organisation), ETRMA (European Tyre&Rubber Manufacturer Association), JATMA (Japan Automobile Tyre Manufacturers)… 

Une traçabilité inviolable

Pour l’heure déployée sur le PL et le VUL, la technologie RFID est un standard normé pour un usage étendu aux pneus Tourisme. Le sujet est récurrent depuis plusieurs années, mais il devient une réalité tangible depuis que les constructeurs comme Volvo ou Stellantis obligent les manufacturiers à intégrer la puce dans leurs cahiers des charges, dès la conception du pneu. Une pression des marques et une obligation de conformité européenne voire mondiale qui a déjà un premier effet : ce levier technologique permet une traçabilité à vie du produit en suivant sa fabrication, son usage, son recyclage, son rechapage et sa destruction. Une puce pouvant contenir bien d’autres informations (composition du pneu, matériaux recyclés…), placées dans un passeport digital à disposition des manufacturiers comme des rechapeurs, des gestionnaires de flotte comme des revendeurs. La traçabilité jusqu’au bout de la planète et l’alimentation de l’économie circulaire du pneu avec sa reconstruction sont un défi que l’association pourrait bien relever. « GDSO est au cœur de cette mise en œuvre. La technologie RFID permet d’introduire des connecteurs sur le début de cycle de vie du pneumatique (Tire Information Service) et sa fin de vie (Tire Life Data Service) afin d’améliorer la gestion du recyclage entre les différents acteurs en Europe. » 

De la logistique au service

Cette standardisation ne concerne que la data autour du pneu, balayant toute question sur le respect de la RGPD et de la propriété de la donnée. Mais in fine, les retailers pourront potentiellement utiliser la puce RFID pour proposer aux clients pros comme particuliers de suivre leurs pneumatiques et d’associer des services autour du produit, avec leur consentement. 
Enfin, l’étape ultime pourrait également être le remplacement de la règle d’étiquetage des enveloppes imposée par l’UE depuis 2009. 
Pour l’heure, les expérimentations servent de laboratoire à ciel ouvert avec des retours d’expérience fondamentaux pour les recalibrages… en attendant une application européenne concrète entre 2028 et 2030.

Le sujet de la puce RFID et de cette organisation fédératrice, autour d'un pneumatique de plus en plus connecté, sera abordé lors des prochaines Rencontres du Pneu, organisées par le Syndicat du Pneu le 6 juin prochain et lors du prochain Village du Pneu installé au cœur d'Equip Auto à Paris. 

Muriel Blancheton
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