Utilitaires : Stellantis et Renault sous une épée de Damoclès ?

, mis à jour le 05/02/2026 à 17h49
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Gamme VUL électrique Stellantis

Les ventes de véhicules utilitaires légers électriques ne faisant pas recette, les deux constructeurs généralistes voient sur leurs résultats planer la menace d’amendes salées de la part des instances européennes, le taux d’émissions moyen de leurs utilitaires dépassant significativement les seuils prévus sur la période 2025-2027…

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Dans le cadre du verdissement du parc – et notamment celui des utilitaires légers –, la trajectoire que doivent actuellement négocier deux poids lourds du secteur en Europe, Stellantis et Renault, apparaît pour le moins délicate. Le manque de demande sur ce segment de marché ne permet pas d’abaisser les émissions moyennes par véhicule. Et les amendes encourues en cas de non-respect des seuils d’émissions pourraient, au regard des volumes d’immatriculations (bien qu’en baisse l’année dernière), sérieusement impacter leurs résultats !

Selon notre confrère "Les Echos", Renault aurait déjà provisionné 98 M€ dans ses comptes au premier semestre 2025, anticipant de possibles pénalités liées au dépassement des limites réglementaires en matière d’émissions de gaz à effet de serre (CO2). Car si le marché des véhicules légers semble bel bien engagé dans la transition énergétique, toute autre est la situation sur le segment des VUL. Les ventes des utilitaires 100 % électriques au sein de l’Union européenne ont péniblement dépassé 11 % des immatriculations l’année dernière, le diesel demeurant roi, avec encore 80,7 % de part de marché.

Vers des milliards de pénalités ?

En cause : des utilisateurs professionnels qui ne sont pas (encore ?) convaincus des bienfaits du passage à cette technologie zéro émission, mettant tour à tour en avant le surcoût à l’achat, l’autonomie ou les temps de recharge… Leur faible poids dans les ventes ne permet donc pas d’abaissement significativement les niveaux d’émission des VUL vendus. S’appuyant sur une étude réalisée par le groupe de réflexion ICCT, Les Echos rapportent ainsi que le groupe Stellantis serait 24 grammes au-dessus des objectifs, et Renault 16 grammes. Or, Bruxelles prévoit de taxer les constructeurs à hauteur de 75 € par gramme en trop… et par véhicule !

En clair, le groupe franco-italo-américain risque une amende de 1 800 € par VUL immatriculé. Et avec une part de marché annoncée à 30 % par nos confrères sur ce segment de véhicule, les pénalités pourraient être colossales ! À mix énergétique constant, elles avaient d’ailleurs été estimées en juillet dernier à quelque 2,6 Md€ par an par l’ancien directeur Europe du groupe, Jean-Philippe Imparato.

Jérémie, avec 20 ans d’expérience, suit chez Zepros Auto les réseaux multimarque et véhicule industriel, décryptant mutations, enjeux technos et transition énergétique du secteur automobile.
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