Carburants : Mobilians appelle à tenir compte des contraintes des détaillants

Philippe Lamigeon
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MOBILIANS

Le 12 septembre avait lieu une réunion sur le prix des carburants en présence notamment d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et de Francis Pousse, président du métier Stations-Service et Énergies nouvelles de Mobilians. Un échange qui a permis d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.  

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À la suite de cette réunion, un aspect positif pour les détaillants s’en dégage puisqu'Agnès Pannier-Runacher s’est engagée à travailler avec Mobilians à la pérennisation du maillage des stations-service sur l’ensemble du territoire. La rencontre a aussi permis d’échanger sur les moyens de contenir l’inflation des prix à la pompe, Mobilians rappelant au passage que les stations-service indépendantes réalisent des marges très réduites, tout en subissant les effets de l’inflation. 

Les prix à la pompe sont dus en partie à la forte hausse du prix du baril, passé de 73 $ à fin juin 2023 à plus de 90 $ actuellement. À cela s’ajoutent les coûts de raffinage, la marge des producteurs et la fiscalité. Dans ce schéma, les détaillants ne perçoivent qu'une petite part de ce prix. Elle sert essentiellement à couvrir les coûts d'exploitation (logistique, personnel, entretien des infrastructures). Les détaillants, comme les usagers, subissent de plein fouet les augmentations des prix du carburant. 

Lors de cette réunion, Mobilians a aussi appelé à des mesures visant à atténuer l’inflation, à stabiliser les coûts énergétiques et à réduire la fiscalité sur les carburants. De même, Mobilians constate que les opérations « carburants à prix coûtant » peuvent constituer un acte de concurrence déloyale, les GMS s’appuyant notamment sur leurs activités hors carburant pour afficher un prix de vente défiant toute concurrence. Des mesures impossibles à suivre pour les détaillants hors GMS, car le prix de revente du carburant n’est pas impacté et l’effort est subi sur la marge des autres produits vendus. 

Il est donc important de reconnaître le rôle essentiel des détaillants en carburant dans l'économie nationale et de travailler pour préserver leur viabilité et garantir des prix équitables. Ce maintien du maillage territorial doit aussi passer par l’aide à la diversification des activités des détaillants. 

« Mobilians appelle à poursuivre les travaux sur les mesures d’accompagnement en faveur du pouvoir d’achat des Français et des entreprises, tout en prenant en compte les contraintes de ces acteurs détaillants et en accompagnant la transition énergétique. Le panel de solutions passe aussi par exemple par l’hydrogène pour les activités de la logistique, les carburants de synthèse, le E85, la promotion de l’installation de boîtiers pour la conversion au superéthanol et la distribution de biocarburants en stations-service », souligne l’organisme. 
 

La France compte 11 000 stations-service réparties dans différents réseaux : 

•    47 % sont liées à la grande distribution (GMS) et réalisent 62 % du marché des carburants. 
•    53 % sont dites « traditionnelles ». Elles détiennent 38 % du marché et sont réparties de la manière suivante. 
- 30 % de stations en gérance sous contrat de mandat avec un pétrolier, plutôt situées dans les zones urbaines et réalisant d’importants volumes de ventes.
- 70 % de stations indépendantes, sous enseigne pétrolière ou non (stations dites « pompes blanches »), majoritairement présentes en zone rurale et délivrant de plus faibles volumes de carburants. 

Marges nettes des stations-service (source Inspection Générale des Finances) :

•    GMS : 0,2 à 1 centime par litre.
•    Station pétrolière : 0,7 à 1,5 centime par litre.
•    Station indépendante : 0,8 à 2 centimes par litre.
 

Philippe Lamigeon
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