Les dépanneurs-remorqueurs entendus par Bercy mais pas exaucés
Plus de 200 dépanneurs-remorqueurs ont convergé vers Paris le 21 mai dernier avant d'être reçus au Ministère de l’Economie. L'État a reconnu le problème mais les propositions tarifaires avancées ont été jugées insuffisantes. Une réunion interministérielle est attendue dès juin et la profession, par le biais de ses instances représentatives, reste en alerte.
La mobilisation a produit son premier effet : une réception rapide à Bercy, dans la foulée du rassemblement. Les représentants de l'État ont salué « la qualité de la mobilisation, son ampleur, son bon déroulement ainsi que le sérieux et le sens des responsabilités dont la profession a fait preuve », une formule diplomatique qui n'échappe à personne, mais qui acte au moins la visibilité gagnée.
Sur le fond, le Ministère a reconnu deux réalités que la profession martèle depuis des années : le rôle essentiel des entreprises de dépannage-remorquage et de fourrière dans la chaîne de sécurité publique, et le caractère « désormais déconnecté des tarifs réglementés de la réalité économique des entreprises ». Une concession symbolique non négligeable mais que les organisations professionnelles du secteur, dont la FNA, ne compte pas laisser sans suite.
Des chiffres jugés hors sol
Les propositions de revalorisation tarifaire évoquées lors des échanges ont été rejetées comme « largement insuffisantes » par les organisations professionnelles. La profession ne réclamait pas un simple coup de pouce, mais une révision structurelle de la grille des tarifs réglementés : alignement des tarifs fourrière sur les tarifs du dépannage VL autoroutier (qui bénéficient déjà d'une réévaluation annuelle) et instauration de majorations pour les interventions de nuit, les week-ends et les jours fériés, à l'image de ce qui existe dans d'autres secteurs.
La situation est en outre aggravée par une récente décision du Conseil d'État sur les véhicules volés retrouvés, qui fragilise encore davantage l'équilibre économique d'entreprises déjà sous perfusion. « Les entreprises ne peuvent plus intervenir à perte tout en assurant un service essentiel pour l'État et la sécurité des automobilistes », tonne Philippe Gimenez, président de la branche dépannage-remorquage-fourrière de la FNA. De nombreux professionnels, précise-t-il, envisagent désormais de cesser leur activité.
Juin, échéance à ne pas manquer
L'issue de Bercy ouvre néanmoins une nouvelle séquence : une réunion interministérielle, possiblement sous l’égide de Matignon, associant les ministères de l'Intérieur, des Finances et de la Justice, est attendue dans les prochains jours, avec une ouverture des travaux dès juin. L'agenda couvre l'ensemble des problématiques, des tarifs à la sécurité en passant par les conditions d'intervention et le cadre réglementaire. « Cela fait maintenant plus de deux ans que la profession alerte les pouvoirs publics. Les professionnels du dépannage-remorquage et de la fourrière restent pleinement mobilisés et attendent désormais des engagements concrets, rapides et à la hauteur des enjeux », espère Philippe Gimenez.