L’Eco Repair Score, grille écolo de la réparation de demain ?

Romain Thirion
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Eco Repair Score

Créé en Belgique par Eco Repair Score SA, émanation du cabinet Expertisebureau Vonck SRL, ce nouveau barème de la réparation durable pourrait s’imposer prochainement dans le monde de l’entretien et de la réparation auto.

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Cinq lettres allant de A à E sur fond de couleur allant du vert clair au rouge cramoisi qui, à l’image du Nutri-Score en termes d’alimentation, témoignent du niveau d’empreinte carbone des différents types de réparation auto. Ainsi se présente l’Eco Repair Score, co-créé par Expertisebureau Vonck et l’organisme de recherche Vito. Les sociétés, toutes deux belges, entendent faire de ce barème inédit un outil de mesure et de communication de l’impact environnemental de la réparation d’un véhicule. Horizon de l’application : 2027.

L’analyse du cycle de vie comme base de calcul

La méthode de calcul derrière l’Eco Repair Score est basée sur une analyse du cycle de vie (ACV) de la réparation des dommages causés par la collision à la carrosserie du véhicule. Comme le rappelle le rapport "Vision 2027" édité par Eco Repair Score SA, l’ACV est une méthodologie scientifique et normalisée permettant d’évaluer les impacts environnementaux d’un produit, d’un processus ou d’un système sur l’ensemble de son cycle de vie. Autrement dit, de l’extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu’à leur recyclage et/ou leur valorisation matière ou énergétique. En somme : l’ensemble des scopes d’émissions de gaz à effet de serre sont pris en compte.

Les paramètres qui peuvent influencer le score ne se limitent donc pas à la seule méthode de réparation, qu’il s’agisse d’un remplacement par une pièce neuve ou de réemploi, par redressage, par spot repair ou par débosselage sans peinture. En effet, la fabrication de nouvelles pièces, de nouveaux produits et de leur emballage, le transport des pièces et des produits vers l’atelier, la peinture, le recyclage des pièces, des produits et de leur emballage après réparation et la consommation d’énergie de l’atelier sont également pris en compte.

Vulgariser des données complexes

« Aujourd’hui, après une collision et une évaluation des différentes options de réparation du véhicule, les dommages sont exclusivement estimés en euros. Cependant, ces réparations ont aussi un coût environnemental qui ne devrait pas être négligé. Le calcul de l’Eco Repair Score pour un cas typique de remplacement d’une portière endommagée par une nouvelle pièce se traduit par un impact sur le changement climatique d’environ 200 kg d’équivalents CO2. À titre d’exemple, cela équivaut à parcourir 920 km en voiture », détaille le rapport "Vision 2027".

Mais le calcul de l’Eco Repair Score va au-delà des simples émissions de gaz à effet de serre puisqu’il prend aussi en compte dix-huit types d’émissions à l’impact environnemental et sanitaire négatif : formation d’ozone, émission de particules et de substances cancérigènes, acidification, consommation de ressources fossiles et minérales, consommation d’eau… Et ce, quelles que soient les pièces comprises dans le calcul : pièces de carrosserie, de vitrage, d’optique ainsi que les roues, les pneus et les refroidisseurs.

Outil de communication et de valorisation

En affichant la meilleure notation possible, chaque partie peut utiliser l’Eco Repair Score pour communiquer sur l’aspect vertueux de sa méthode de réparation : le réparateur, bien entendu, mais aussi l’assureur, le loueur et les administrations, qui disposent de flottes souvent anciennes et pas toujours entretenues ou réparées comme il se doit. La prise en compte d’une mauvaise notation peut également encourager lesdits acteurs et en premier lieu le réparateur à prendre les mesures nécessaires pour améliorer son scoring : réduction de la consommation d’énergie, d’eau, d’ingrédients de peinture, sourcing en pièces plus proche de l’atelier...

En Belgique, Axa utilise déjà à grande échelle l’Eco Repair Score et espère ainsi réduire de 25 % les émissions liées aux réparations de véhicules qu’elle prend en charge d’ici 2026. Pour la Fédération belge des carrossiers, Febelcar, ce nouveau barème répond à la fois à la nécessité d’afficher son engagement dans la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) mais aussi d’obtenir une meilleure rémunération de la part de l’assureur en cas de bonne notation. « L’introduction de l’Eco Repair Score répond à la nécessité de réduire l’impact environnemental des réparations de véhicules, en les mesurant sur la base du plus grand nombre possible de catégories d’impact. Il reste aussi extrêmement important pour nous que les réparations soient correctement remboursées à chaque fois et que les directives des constructeurs sur la sécurité des réparations soient respectées », insiste Dirk Laenen, président de l’organisation professionnelle.

Romain Thirion
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