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Leasing social à 100€ par mois : l'équation à plusieurs inconnues

Muriel Blancheton
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Dacia Spring

Le fameux « leasing social » promis il y a un an et demi par le Président Emmanuel Macron est un casse-tête chinois ! Comment faire rentrer dans un budget mensuel de 100 € un VN électrique neuf, si possible produit en Europe voire en France, avec un taux d’intérêt acceptable sur les quatre ans de crédit, sans subventionner un modèle asiatique comme seule alternative pour honorer une promesse présidentielle ? 

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Si les constructeurs de petites citadines comme Renault et Stellantis planchent sur des modèles électriques "Made in Europe" et pas chers, ce sont bien les loueurs longue durée qui sont appelés par le gouvernement à gérer l’offre d’une location à 100 € par mois, lancée par Emmanuel Macron il y a 18 mois, capable de rentrer dans les budgets des foyers les plus modestes. Ils devront négocier l’achat des lots de véhicules avec les constructeurs pour une mise en route à l’automne… et des livraisons en 2024 (en même temps que les lancements de la R5 électrique de Renault ou le petit modèle de Citroën). Sauf que les planètes sont loin d’être alignées : difficile d’accès sur des petits véhicules thermiques, un leasing aussi bas sur un véhicule électrique qui coûte 10000 € plus cher à l'achat relève du défi. Même en comptant le bonus de 7000 € (sous conditions de ressources), le prix du véhicule reste supérieur à 20000 €. Cette valeur correspond au prix d’achat de la Dacia Spring produite en Chine, sachant que même la location de ce modèle fabriqué par le groupe Renault ne peut se faire en dessous des 4€ par jour, soit 120 € par mois ! Au niveau économique, la flambée des prix sur les VN depuis trois ans (encore +18% en 2022 d’après le cabinet Roland Berger) freine aussi la mise en place du système, sans compter la hausse des taux d’intérêt. Le gouvernement plancherait d’ailleurs sur une subvention supplémentaire dont le montant est encore indéterminé. Le dispositif est donc encore très voire trop coûteux, d’autant que les constructeurs, à la source de l’offre industrielle, exigent des commandes garanties pour calibrer leurs volumes et ne pas produire à perte. Des commandes qui doivent répondent à des appels d’offres de l’État. 

Pour un "vrai leasing social"

Au final, ce problème de calibrage entre aussi en conflit avec un problème de cible. Car si l’application d’un leasing social vise à éradiquer les véhicules les plus âgés et polluants en rendant accessible le véhicule électrique aux foyers les plus modestes, les pros de l’auto réclament l’élargissement de l’assiette vers les classes moyennes pour arriver à un « vrai leasing social ! Car c’est bien cette frange de la population qui achète des véhicules neufs. Les foyers modestes s’orientent vers du VO âgé et certainement pas un véhicule 100 % électrique trop cher et non polyvalent. Ce qui signifie qu’il ne faut pas être restrictif sur les conditions de ressources et qu’il faut élargir l’assiette en intégrant a minima les véhicules Crit’Air 1, donc les hybrides et les thermiques essence, neuves ou d’occasion ! », soulignait déjà Marc Bruschet, le président de la branche VP de Mobilians.  

Lire Mobilians : "Le concessionnaire est un actif financier à préserver"

Muriel Blancheton
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