Parc roulant 2025 : toujours plus vieux mais santé stabilisée

, mis à jour le 04/02/2026 à 16h58
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Sur 2025, les 27 millions de VP passés au contrôle technique affichent 13,3 ans d’âge moyen mais conservent un taux de refus – et donc de retour à la case contre-visite – stable. Bilan de la campagne de contrôles techniques 2025 fourni en avant-première par Dekra qui dévoile pour l’occasion les nouveautés 2025. 

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Avant même la sortie des chiffres officiels de l’OTC, l’enseigne de contrôle technique vient de dévoiler quelques éléments dessinant le paysage 2025 de la santé du parc roulant. Comme depuis plusieurs années, si les VP entrant dans les centres de contrôle sont toujours plus vieux – un an de plus comparé à 2020 pour atteindre 13,3 ans –, les indicateurs qui renseignent sur leur état ne bougent pas. Le bilan 2025 fait état de 11 % des véhicules contrôlés ne présentant aucun défaut et de 4 défaillances par véhicule en moyenne. 19,3 % des 27,6 millions de VP contrôlés (un million de plus qu’en 2024) présentent des défaillances, mais qui ne sont critiques que pour 0,7 % d’entres eux (pneus endommagés et freinage en cause, avec usure des plaquettes et frein de stationnement). Les organes visés pour les défaillances majeures (18,6% du parc contrôlé) : les feux de croisement, les pneumatiques endommagés et/ou usés, la pollution (opacité des fumées) et les feux stop. À noter que pour les véhicules électrifiés (1 % de tout-électrique), qui pèsent aujourd’hui 4,3 % des véhicules entrant dans les centres (2,9 % en 2024), les défaillances sont en cohérence avec celles des modèles thermiques. 

Santé plus fragile pour les catégories L

Autre enseignement dévoilé par Dekra : la montée en puissance du CT de la catégorie L (moto, cyclo, voiturette…) pour une année 2025 qui a été le premier exercice complet d’un contrôle arrivé dans les centres mi-2024. Environ 1,2 million de véhicules ont été contrôles, « en phase avec la trajectoire établie par le ministère au moment du lancement », précise Karine Bonnet, DG de Dekra Automotive SAS France. À noter que la montée en puissance progressive de l’appel à CT de l’ensemble du parc en fonction de la mise en circulation devrait se terminer fin 2026, avec alors l’ensemble des millésimes concernés.  Donc en 2025, 75,5 % d’entre eux concernaient les motos, 13,2 % les cyclo/scooters et 4,2 % les voiturettes… Et n’en déplaise aux propriétaires de ces véhicules de catégorie L, longtemps "en colère" de ne plus passer sous les radars du contrôle technique, les taux de refus sont largement supérieurs aux VP, avec un taux de 25 % pour les voitures sans permis, 24 % de retours à la case contre-visite pour les cyclo/scooters, et en revanche un petit 12,5 % pour les motos… ce qui confirme qu’ils sont mieux entretenus que les autres véhicules de la catégorie. 

Au classement des défaillances les plus relevées :  pneus usagés/endommagés, plaque d’immatriculation non-conforme, émissions sonores (du fait de l’introduction en juillet du contrôle avec des sonomètres), feux stop, amortisseurs endommagés et, à la marge, le freinage. À noter qu’en mars prochain entrera en vigueur une nouvelle brique de ce CT des catégorie L avec l’introduction dans l’arsenal du contrôleur du céléromètre afin de contrôler que les cyclo/scooters (L1) ne sont pas gonflés pour dépasser la vitesse maximale autorisée de 45 km/h. 

Évolution réglementaire en construction

Le périmètre du contrôle technique VL devrait évoluer à l’horizon 2030 dans le cadre de la mise à jour de la directive européenne par la Commission. Ainsi, le contrôle pollution pourrait intégrer les NOx – « aujourd’hui nous n’avons pas de procédure définie pour assurer un contrôle qui soit solide », précise-t-on chez Dekra – ainsi que les particules fines. Le contrôle des ADAS devrait également entrer dans le périmètre des contrôleurs. Là encore, face à des systèmes complexes avec des fonctionnement et des capteurs divers, il n’existe pas encore de process fiabilisé de contrôle, mais l’écosystème y travaille. Enfin, la lutte contre les fraudes au compteur devrait aussi venir s’ajouter à la liste des points à surveiller par les centres de contrôle technique. 

VI plus jeune, plus électrifié et en meilleure santé

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CT PL DEKRA

Une stabilité de résultat que l’on retrouve aussi sur les véhicules lourds, dont 1,27 million sont passés par les centres de contrôle technique en 2025. L’âge moyen des VI contrôlés se situe à 9,8 ans, avec trois défauts en moyenne pour un taux de refus au premier passage de 11,2 % (11 % en 2024). À noter que la parc alternatif (électrique, hybride et gaz) atteint 21 % du parc contrôlé, contre 7 % en 2020. Explication : le parc des véhicules de transport public pousse à la décarbonation. Là encore, rien à signaler concernant la spécificité de ces véhicules qui, comme les versions thermiques, ont dans le top 3 des défaillances : le freinage (frein de service), l'orientation des feux de croisement et la pollution (opacité).

Deka relève cependant une tendance notable pour ce segment : la demande de services additionnels par les transporteurs soucieux de limiter l’immobilisation des véhicules. L’enseigne a donc enrichi sa palette de services : chargement du véhicule, prestation de convoyage (aller chercher le véhicule chez le client), vérification d’équipements annexes (exemple : rampe PMR), chronotachygraphe (via un prestataire extérieur). Sur ses 155 sites dédiés au PL (5 de rachetés en 2025), une cinquantaine propose déjà ces services, avec la volonté de Dekra de les déployer dans ses autres sites.

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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