BestDrive peut redevenir une cash machine
Aux commandes de 130 centres BestDrive, de deux usines de rechapage et de près de 1 200 collaborateurs, Stéphane Drouillard qui a orchestré la transformation de Barrault et de Flauraud au sein d’Emil Frey France veut transformer l'ancien réseau intégré de Continental en une entreprise plus agile. Au menu : des circuits de décision plus courts, des équipes terrain responsabilisés, une organisation simplifié et de nouveaux relais de croissance.
Quelques semaines après la reprise de ContiTrade France par le fonds ASC Investment et la création de Xellent Service, le cap est fixé par Stéphane Drouillard, son président : « La création de Xellent Service marque bien plus qu'un changement d'actionnaire. Elle donne naissance à une entreprise dotée de l’autonomie nécessaire pour accélérer son développement », explique-t-il. Tout en restant franchisé BestDrive sur le long terme, Xellent Service dispose désormais d'une plus grande autonomie financière et décisionnelle. Cap vers la rentabilité après des années d’errements dus à plusieurs facteurs cumulés : un modèle intégré couteux pour Continental, les lourdeurs inhérentes du groupe industriel, et une concurrence impitoyable d’où qu’elle vienne. L’enseigne a vu son chiffre d’affaires chuter de 255 M€ en 2022 à 226 M€ en 2024. « Nous entrons dans une phase de développement. Mais avant de décider, nous prenons le temps d'analyser l'entreprise et de comprendre ses forces », souligne Stéphane Drouillard. Aucune restructuration ni plan social ne sont d'ailleurs à l'ordre du jour. La priorité consiste d'abord à stabiliser le management et à préserver la relation avec les 45 000 clients actifs du réseau. « Nous avons envoyé des signaux forts pour protéger nos clients et nos franchisés. Depuis la reprise, nous n'avons enregistré aucune perte au feu », assure-t-il.
Pour Stéphane Drouillard, le capital humain est un des principaux atouts de l'entreprise puisque certaines équipes comptent plusieurs décennies d'expérience. « Cette expertise est une richesse qu'il faut valoriser », estime-t-il. L'objectif est désormais de raccourcir les circuits de décision et de responsabiliser davantage les équipes. Une transformation qui s'accompagne d'une profonde simplification de l'organisation. « Nous devons passer d'une logique industrielle à une véritable machine de retail », résume Stéphane Drouillard.
Il faut faire émerger une entreprise indépendante, agile, structurée et performante, tout en capitalisant sur la puissance de la marque BestDrive !
La pièce dans le viseur
Avec une activité réalisée à 70 % auprès des professionnels, BestDrive veut s'appuyer sur son expertise auprès des transporteurs et des gestionnaires de flottes. L'outil FleetFox, dédié au pilotage du coût total de possession des pneumatiques, constitue l'un des éléments différenciants du réseau. Les deux usines de rechapage intégrées représentent également un levier stratégique, alors que les transporteurs associent de plus en plus pneus neufs et pneus rechapés dans leurs politiques d'exploitation. La feuille de route ne s'arrête pas au pneumatique. Son expérience chez Barrault et Flauraud oriente naturellement Stéphane Drouillard vers la pièce comme l'un des principaux relais de croissance à horizon 2027. « La diversification fait partie des enjeux identifiés pour élargir notre offre », explique-t-il. Sa connaissance des réseaux de distribution indépendants pourrait accélérer ce chantier, appelé à compléter l'activité historique de BestDrive.
Le dirigeant reste confiant sur les perspectives du marché. « La réparation automobile est un secteur résilient. Et avec l'électrification, qui entraîne une consommation de pneumatiques supérieure d'environ 25 % à celle des véhicules thermiques, nous disposons d'une visibilité favorable sur les dix prochaines années », estime-t-il.