VO reconditionné : la réponse anti-crise selon Aramisauto

, mis à jour le 08/07/2026 à 11h30
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Aramis Auto

Entre arbitrage budgétaire, report de l'après-vente et essor industriel de l'occasion reconditionnée, le baromètre d’Aramisauto décrypte une transition sous haute tension financière. La voiture demeure un outil quotidien quasi obligatoire pour 90 % des répondants européens, mais elle est désormais un objet de luxe. 

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Les indicateurs du baromètre Aramisauto/OpinionWay traduisent une asphyxie budgétaire généralisée des ménages européens. Alors que 95 % des personnes interrogées constatent une augmentation significative du coût de leurs déplacements, l’automobile subit une profonde dégradation en termes d’accessibilité financière. Ce phénomène est particulièrement exacerbé sur le marché français où 98 % des usagers jugent l’usage de leur véhicule onéreux, et pour 57 % d’entre eux (culminant à 78 % chez les jeunes) représentant désormais le premier poste de dépenses. Cette pression sur le portefeuille conduit à des arbitrages de consommation immédiats : 64 % des conducteurs européens ont réduit leurs déplacements non essentiels, « pour préserver leur capacité de financement », indique le baromètre. Sauf que les arbitrages touchent également le secteur de l’entretien/réparation avec 30 % des Européens (34 % des Français) déclarant avoir différé ou reporté des interventions techniques. « Le sujet n’est pas le désamour de la voiture, mais la perte de maîtrise autour de la voiture. Les automobilistes ont besoin de continuer à se déplacer, mais ils veulent le faire avec plus de visibilité sur le prix, l’état du véhicule, le financement et l’entretien », souligne Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto, qui glisse l’atout de l’occasion reconditionnée pour « rendre l’achat automobile plus clair, plus fiable et plus accessible ».

Une contraction sévère des capacités de financement

La comparaison des budgets mensuels alloués au financement auto montre des disparités géographiques et une baisse de la capacité d’investissement. Le budget mensuel moyen européen s’établit ainsi à 305 €, tout en cachant des réalités locales très hétérogènes. Le budget disponible est passé de 384 € en 2020 à 269 € en 2025, avant d'amorcer un léger sursaut à 283 € en 2026. 
•    Le prix s'impose comme le critère d'achat principal pour 81 % des Européens, reléguant au second plan la notoriété de la marque (44 %), les considérations esthétiques (29 %) ou l'équipement technologique (28 %). Sur le terrain opérationnel, cette tendance se matérialise par une rotation ultra-rapide des stocks sur les segments accessibles : les véhicules affichés à moins de 15 000 € enregistrent des délais de vente raccourcis de 25 %.
•    Si 60 % des sondés envisagent l'acquisition d'une motorisation électrique ou hybride, le marché exige de solides garanties de valeur résiduelle, à l'instar de l'état de santé de la batterie (SOH moyen de 95 % constaté chez Aramisauto). 
•    61 % des Européens (56 % des Français) accueillent favorablement l'abandon potentiel de l'interdiction de vente des véhicules thermiques neufs en 2035, tandis que 92 % réclament un plafonnement du prix des carburants.

VO reconditionnés : une réponse de substitution

Dans ce contexte, l’occasion reconditionnée gagne ses lettres de noblesse. En France, la notoriété de cette offre atteint 73 % (+ 6 points sur un an). Elle n'est plus perçue comme un choix par défaut, mais comme une alternative rationnelle : 72 % des connaisseurs y voient des garanties plus fiables qu'une occasion classique et 77 % estiment qu’elle devrait faire l'objet de dispositifs d'aides publiques. Pour capter cette demande, les opérateurs industriels adaptent leur modèle. Aramisauto déploie une stratégie axée sur l'élargissement de son sourcing et l'optimisation industrielle de ses process. Un élargissement des critères de reconditionnement aux véhicules allant jusqu'à 12-13 ans et 175 000 km, maximisant l'offre à bas prix, une expansion du réseau physique français (40 points de vente avec des ouvertures récentes à Amiens, La Rochelle, Anglet, Lyon et Lille) couplée à l'intégration d'outils d'intelligence artificielle (3 000 conversations quotidiennes via ChatGPT). Enfin, un processus de 200 points de contrôle et 13 interventions en moyenne par véhicule, exécuté en un temps record de 3,5 jours en centre.
Les positionnements tarifaires sont ainsi « compétitifs », indique Romain Boscher, avec des remises jusqu'à 40 % par rapport au prix du neuf sur des modèles récents d'un an et 10 000 kilomètres. Sur le plan financier, le leasing (crédit et LOA/LLD) représente désormais 4 achats sur 10.

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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