L’incertitude, nouveau paramètre durable (OVI)

, mis à jour le 19/08/2026 à 11h09
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Pneus PL

Si l’Observatoire du véhicule industriel voulait croire à une reprise du marché du neuf en début d’année, force est de constater qu’elle se fait toujours attendre ! Tandis que les volumes repartent à la hausse sur les principaux marchés européens, le marché français devrait, sur l’ensemble de l’exercice, à défaut d’un réel rebond, être compris entre 0 et + 5 %. Une année de stabilisation mais aussi de transition selon l'OVI...

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Lors de ses traditionnelles prévisions pour l’exercice à venir, en janvier dernier l’OVI anticipait une reprise du marché des VI neufs, le besoin en renouvellement des flottes devant se traduire dans les carnets de commande des distributeurs. À mi-parcours, la crise du détroit d’Ormuz – toujours en cours – n’aide pas à réchauffer un climat des affaires dominé par une demande faible et une absence totale de visibilité pour les chefs d’entreprise. Et donc, en aval, à l’investissement. Selon l’enquête de FNTR sur le premier trimestre, leur moral est tombé à son plus bas niveau depuis la création du baromètre en 2015, 78 % se disant insatisfaits de la situation de leur entreprise.

Car depuis le 28 février, les prix des carburants ont atteint des niveaux records, l'indice CNR du gazole professionnel affichant + 29,3 % sur trois mois (et + 43 % sur douze mois) ! Résultat : le coût de revient complet d'un véhicule longue distance progresse de plus de 10 % sur un an. « C'est donc bien le carburant, qui pèse près d'un quart du coût de revient, qui fait exploser l'équation économique d'entreprise dont la rentabilité nette dépassait à peine 1 % avant la crise (CNR) », note l’OVI.

Perspectives inchangées

Contrairement à ses voisins européens (+12,1 % en moyenne sur le segment des plus de 3,5 tonnes), le marché français continue lui de reculer, avec -1,4 %. À noter toutefois : le segment des tracteurs repart tandis que celui des porteurs cale littéralement. Le premier enregistre 9 740 immatriculations sur les cinq premiers mois ,soit + 8,7 % par rapport à la même période en 2025 ; le second ne compte que 7588 immatriculations et recule ainsi de 16,7 % ! Quant au marché des utilitaires, il fait preuve de davantage de résilience, avec un repli limité à 1,2 % sur cette même période (146 303 unités).

« Depuis maintenant quatre ans, l’économie française en général et le TRM en particulier traversent une succession de crises. L’incertitude devient un paramètre dans l’équation économique des entreprises du transport routier », note Arnaud Villéger, directeur de l’OVI. In fine, l’observatoire maintient ses prévisions éditées en début d’année pour l’exercice 2026, à savoir une hausse comprise entre 0 et 5 % des immatriculations (soit entre 44 000 et 46 350 unités). Dans le détail, l’observatoire attend un volume d’immatriculations des tracteurs en hausse, compris entre 23 980 et 25 261 unités (soit entre + 5 et +10 %) ; pour les porteurs, les volumes devraient s’établir entre 20 020 et 21 089 unités, soit un recul de 1à 6 % par rapport à l’exercice précédent. « La résilience du marché dépendra de la capacité des acteurs à arbitrer entre renouvellement, maîtrise des coûts, adaptation réglementaire et préparation des prochaines motorisations. L’incertitude doit devenir un cadre d’action, non un motif d’attentisme », conclut-il.
 

Jérémie, avec 20 ans d’expérience, suit chez Zepros Auto les réseaux multimarque et véhicule industriel, décryptant mutations, enjeux technos et transition énergétique du secteur automobile.
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