Le PLF 2026 relance la filière de conversion à l’E-85
Fiscalité inchangée du Superéthanol-E85, fin de l’interdiction des moteurs thermiques après 2035 et hausse de 15 % de la consommation du bioéthanol en 2015 : dans le creux de la vague depuis 2023, les acteurs des boîtiers de conversion fêtent 20 ans d’activité avec l’espoir de reprendre de l’élan cette année.
Ils ont eu chaud ! Après le choc d’une inflation qui a doublé le prix du gaz (indispensable à la production de l’éthanol) pour cause de guerre en Ukraine en 2023, la fin de la plupart des programmes d’exonération de la taxe régionale sur la carte grise des véhicules roulant au bioéthanol… les acteurs de la filière de conversion voyaient arriver le mur du nouveau PLF remettant en cause la taxation avantageuse du carburant E-85 qui permet de maintenir un écart tarifiaire au litre suffisamment attractif pour les automobilistes. Finalement, rejet du projet et retour à un marché « de pouvoir d’achat » qui pourrait donc repartir. Car après avoir surfé sur une pente ascendante avec 55 000 boîtiers de conversion installés en 2022, FlexFuel Energy Development (FFED) a divisé par dix ses installations en 2023 pour descendre encore en 2024 à 3000 boîtiers, « quand nous nous étions calibré pour une moyenne de 100 000 installations par an ! » Et si 2025 a vu la consommation de bioéthanol progresser significativement, (+ 15 % selon la Collective du Bioéthanol), la vente des boîtiers n’a pas décollé. « Sans le soutien de notre activité de station de nettoyage de FAP, "Carbon FAP", FFED n’aurait pas pu tenir jusqu’à la reprise réelle du marché », assure Jérôme Loubert, directeur général de FFED. Et de fait, si les acteurs ne sont pas aidés par les valses des politiques en matière de soutien aux énergies alternatives, la question se pose d’un marché qui aurait déjà vidé sa manne … Non, nous affirme-t-on chez les pros : le potentiel reste porteur.
Reprise d’élan
Au 1er janvier 2026, la filière estime à environ 418 000 véhicules flex-E85 en circulation en France, dont 159 000 véhicules flex-fuel d’origine et 259 000 équipés d’un boîtier homologué. Sur ce total, FFED revendique 143 000 installations. Et à en croire cet acteur, ce ne serait qu’une goutte d’eau avec un vivier de 10 millions de véhicules compatibles, « d’autant que 67 % des clients ayant adopté le boîtier renouvellent l’expérience sur leur véhicule suivant ». Et pourtant, on est aujourd’hui loin de l’eldorado du début. Et ce sont les flottes qui prennent le relais. « Pour FFED, l’enjeu des prochaines années se situe notamment dans l’accompagnement des flottes d’entreprise, des collectivités et de l’Etat, qui voient dans le boîtier FlexFuel un levier économique pour verdir leur parc roulant », explique le DG, qui met en avant l’atout d’un boîtier "made in France" et d’un réseau de 1000 installateurs actifs. Les grandes flottes privées et publiques sont un véritable levier, « des leaders du transport comme G7 ou Bolt jusqu'aux parcs régis par l’État – avec l'équipement massif en cours de 40 000 véhicules de la Police, de la Gendarmerie et des Douanes.» Car bien que bousculé par la situation sur ces trois dernières, Jérôme Joubert porte une conviction forte : « Le bioéthanol n’est plus une alternative, mais un marché solidement installé. »