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Robert Bassols (FNA) : « Faire savoir notre savoir-faire »

Jérémie Morvan
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Robert Bassols_Matignon

Dans la dernière ligne droite de ses plans de restructuration, l’organisation professionnelle tire déjà les fruits de sa réorganisation initiée depuis Equip Auto 2022. Toujours plus proche de ses adhérents, toujours plus opérationnelle dans son accompagnement, elle entend aujourd’hui davantage mettre en avant son expertise. Entretien croisé avec Robert Bassols, président de la FNA, et Aliou Sow, secrétaire général…

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Quel bilan la FNA tire-t-elle de l’année 2024 ?

Robert Bassols : Nous avons poursuivi nos travaux en lien avec la réforme interne de la FNA, actée à l’occasion d’Equip Auto 2022. Dans ce cadre, nous centralisons davantage certains aspects administratifs, comme la gestion des adhésions. Objectif d’ici la fin 2025 : d’abord présenter et gérer au plan national une offre plus homogène avec des tarifs d’adhésion harmonisés ; ensuite, dégager de ces tâches chronophages les permanents territoriaux pour leur permettre de jouer leur rôle de proximité en se consacrant pleinement aux problématiques des adhérents en local : réunions, accompagnement des entreprises, interactions avec l’écosystème local, etc. Dans cette optique, de nouvelles organisations territoriales ont été créées, à l’image de la FNA Hérault, tandis que la structure territoriale s’est élargie en Normandie. Et dès la mi-mars, la FNA devrait se développer dans la région PACA. 

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Aliou Sow

 

Aliou Sow : La FNA évolue : elle se modernise, se structure, se rationalise… et elle se muscle ! Nous venons de franchir la barre des 5 000 adhérents. Nous visons à terme 7 000 adhérents. En centralisant les adhésions, la FNA simplifie et fluidifie son offre. Les professionnels peuvent aussi adhérer en ligne ! Tout cela nous permet de gagner en efficacité, de monter d’un cran à la fois pour l’organisation professionnelle comme pour les artisans qu’elle représente. 

Vous évoquez souvent également la question de la visibilité de l’organisation professionnelle…

R. B. : Il faut en effet travailler en parallèle à développer la “marque“ FNA et la rendre plus visible des institutionnels comme du grand public. Occuper l’espace ailleurs que dans notre zone d’influence traditionnelle que sont les entreprises des services de l’automobile. C’est à mon sens le biais le plus efficace pour attirer de nouveaux adhérents. Le savoir-faire, on l’a ; on le démontre au quotidien en accompagnant les professionnels sur des problématiques juridiques, fiscales ou administratives comme sur des problématiques métier. Reste à faire savoir ce savoir-faire ! Si on se rend visible, on attirera mécaniquement de nouveaux adhérents ! 

Cet objectif de visibilité renforcée passe-t-il aussi par un élargissement de l’écosystème traditionnel de la FNA ?

R. B. : Effectivement ! Il faut se rapprocher des nouveaux acteurs de la mobilité. Nous avons par exemple eu l’occasion de travailler avec Revolt. On n’en parle pas – du moins pas assez. C’est cela que l’on souhaite changer. 

5 000 artisans ont été formés par le CFPA en 2024 ! 

Quels sont les grands chantiers de l’organisation professionnelle en 2025 ?

R. B. : 2025 doit être une année importante pour la FNA. Notre organisation professionnelle devrait changer de locaux, plus en phase avec ses ambitions de développement. La formation – via le CFPA – va être renforcée : le catalogue va s’étoffer cette année de nouveaux modules dédiés à la maintenance des véhicules électriques ou encore la réparation des batteries. Cette richesse dans l’offre de formation conjuguée à sa capacité d’être au plus près des réparateurs avec environ 150 sites de formation et l’accompagnement dans la gestion de l’administratif et les solutions de financement doivent permettre aux artisans de monter en compétences. 

A. S. : Face à un tel enjeu qu’est la formation, il faut se donner les moyens de ses ambitions : un catalogue ne fait pas tout, il faut aussi un dispositif à même de répondre aux problématiques de ces TPE. Près de 5 000 artisans ont été formés par le CFPA en 2024 ! La problématique de la formation rejoint celle de la visibilité de la branche des Services de l’automobile : en matière de transition énergétique par exemple, les pouvoirs publics n’ont pas suffisamment pris en considération le parc roulant, ni les métiers qui l’entretiennent.

L’entretien du parc et la transition énergétique ne sont donc pas antinomiques ?

A. S. : Le parc, on ne peut ni l’occulter ni le remplacer du jour au lendemain. Son entretien, sa réparabilité, sa durabilité, sa valeur de revente en occasion, que le véhicule soit d’ailleurs thermique ou électrique... autant de paramètres oubliés des politiques et qui pourtant participent à la transition écologique, mais que le consommateur doit, lui, bien prendre en compte. Notre principale problématique ”métier” reste le parc ; à cet égard, les professionnels, qui sont des multispécialistes, sont prêts à accompagner la transition énergétique quel que soit le mix énergétique. 

Des nouveautés en matière de services sont-elles planifiées sur 2025 ?

R. B. : Si la FNA accompagne ses adhérents dans tous les aspects ”métiers’” du nouveau devrait sortir cette année en matière d’aide au pilotage d’entreprise… 

La FNA reçue à Matignon

Lundi 24 février, l’organisation professionnelle s’est rendue à Matignon afin d’alerter les pouvoirs publics quant à l’avenir des métiers de la branche des Services de l’automobile. 

Paul Bazin, chef de Pôle travail, emploi, insertion, retraites et par Paul Teboul, chef de Pôle économie, finances, industrie et numérique ont reçu Robert Bassols, président de la FNA, et Émilie Repusseau, secrétaire générale adjointe. Ces derniers ont pu exposer les multiples défis, tant technologiques qu’économiques ou réglementaires, d’une filière essentielle à la mobilité des Français, et présenté la feuille de route portée à Bruxelles dans le cadre du dialogue stratégique pour la filière automobile. 

Le président et la secrétaire générale adjointe y ont exposé des mesures prioritaires à prendre pour assurer la pérennité de la filière. 

À commencer par un accès équitable aux clients automobilistes comme aux données des véhicules (connectés), perturbant de fait l’équilibre concurrentiel de l’aval de la filière. La FNA appelle également les pouvoirs publics à légiférer afin de maintenir la réparabilité des véhicules. C’est le cas pour les véhicules électriques, dont la batterie de traction coûte jusqu’à 40 % du prix total du véhicule et dont les process de réparation – ou les pièces – ne sont pas suffisamment accessibles aux réparateurs ou encore concernant le gigacasting, qui impacte directement la valeur résiduelle d’un véhicule accidenté. 

Autre point inquiétant soulevé par la FNA : le nombre croissant d’entreprises – réparateurs, dépanneurs-remorqueurs, auto-écoles, etc. – sans assurance professionnelle, soit du fait d’un désengagement pur et simple des compagnies d’assurance, soit en raison d’une hausse excessive des primes. 

La fiscalité se doit aussi d’être clarifiée et stabilisée, entre le malus CO2 et maintenant le malus au poids, et leur extension prochaine au marché du VO qui n’est pas favorable à une reprise du marché. 

Enfin, la FNA demande des pouvoirs publics un soutien en faveur de la formation et de l’attractivité des métiers pour une filière en cruel manque de bras !

Jérémie Morvan
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