Obligation du "zéro émission" : sursis pour les chargeurs
L’examen au Sénat a fait baisser la pression mise en janvier sur les commanditaires par le projet de loi-cadre, invités à donner la priorité aux camions zéro émission. Reste à voir sur quelle structure sortira le texte de la navette parlementaire.
Le projet de loi-cadre relatif au développement des transports a été adopté le 8 avril dernier, en première lecture, en commission au Sénat. Comme les y incitait le ministre des Transports, Philippe Tabarot, les sénateurs n'ont pas bouleversé l'équilibre du texte, adoptant une cinquantaine d’amendements. Parmi ceux-ci figurait celui relatif à l’incitation des chargeurs à avoir recours aux poids lourds zéro émission. À ce sujet, le conseil d’État avait estimé d’ailleurs en début d’année que les impacts financiers pour les entreprises concernées n’étaient « pas disproportionnés au regard de l’objectif d’intérêt général qui inspire la mesure : assurer un débouché économique aux constructeurs de poids lourds à zéro émission, ainsi qu’aux transporteurs s’équipant de tels véhicules ». Les PME du transport (moins de 50 M€ de CA annuel) sont exclues du champ d’application de la mesure.
Train de sénateurs
Certains sénateurs ont proposé de faire ce qui ne devait être qu’une incitation, une obligation, d’autres propositions sénatoriales demandaient que soit repoussé à 2027 le début de cet engagement dans la décarbonation des chargeurs, planifié par le projet de loi à 0,5 % dès 2026 et 1 % en 2027 pour atteindre 30 % de la prestation de facturation à l’horizon 2035. La commission sénatoriale a retenu cet amendement donnant un délai d’adaptation avec une prime pour ceux qui s’engagent dans l’utilisation du transport ferroviaire et fluvial.
Reste à voir comment si le texte sera voté en l’état pour la séance publique sénatoriale qui démarrera le 15 avril.