Dernière minute – LKQ Europe : démissions emblématiques et vague de licenciements

Jean-Marc Pierret
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Démissions emblématiques chez Euro Car Parts (ECP), filiale de LKQ Europe, dont celle de son fondateur Sukhpal Singh Ahluwalia, également membre démissionnaire du conseil d'administration de LKQ Corporation. Ces départs traduisent un profond et inquiétant désaccord sur la stratégie du distributeur américain pour redresser son cours de bourse (-41 % en un an). Solution prochainement adoptée : une vague massive de licenciements...
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L'arrivée prochaine de Arnd Frantz à la tête du leader européen de la pièce est à peine connue que l'actualité de LKQ rebondit encore en cette fin d'année. Selon une information publiée ce jour sur son site, Sukhpal Singh Ahluwalia, le fondateur du distributeur britannique ECP (Euro Car Parts), a quitté l'entreprise qu'il a fondé il y a plus de 30 ans et revendait en 2011 à LKQ Corporation pour la modique somme de 280 millions de livres (310 millions d'euros au cours actuel).Un sacré ticket d'entrée que LKQ Corporation s'offrait alors pour poser son premier pied en Europe (revoir «LKQ Europe va-t-il révolutionner la distribution européenne ?») avant une campagne de rachats qui en fait aujourd'hui le 1er distributeur européen de pièces (voir «LKQ, le Velociraptor de la pièce»).
Vague de licenciements chez LKQ Europe ?
Sukhpal Singh Ahluwalia ne quitterait pas seulement ECP : il s'apprêterait aussi à renoncer au conseil d'administration de LKQ Corporation, affirme Sky News (infos validées depuis, le 2 janvier, par un communiqué officiel de LKQ Corporation). La raison de la démission de ce dirigeant emblématique et d'ailleurs, de l'état-major de ECP avec le départ de Martin Gray (directeur général), de Steve Horne (directeur des opérations) et peut-être même d'un autre membre du Board d'ECP ? Un désaccord profond avec la stratégie de LKQ Corporation, laisse aussi entendre Sky News.Si l'histoire de LKQ Corporation suit un cours si rapide, c'est d'abord parce qu'elle s'écrit au rythme dicté par la bourse. Et ce n'est pas un long fleuve tranquille. Confronté à une baisse constante de la valeur de ses actions (-41 % en un an, voir graphique ci-dessus) et visiblement dans l'incapacité d'inverser la tendance malgré ses efforts récents pour rassurer analystes et investisseurs (voir «Comment LKQ Europe entre dans “l’ère de la consolidation”»…»), le puissant distributeur américain en viendrait ainsi à la bonne vieille solution financière : un programme de réduction des coûts, c'est-à-dire une vague massive de licenciements. Des centaines de suppressions de postes devraient ainsi toucher ECP dans les prochains mois parmi les 12 000 emplois que compte ECP au Royaume-Uni, croit savoir Sky News. Et rien n'indique dans l'article de notre confrère que cette hémorragie s'arrêtera à la Grande-Bretagne...
Racheter, c'est bien ; consolider, c'est mieux...
Sukhpal Singh Ahluwalia n'ayant pas la réputation d'être un patron particulièrement social, ce désaccord tient effectivement assez probablement aux choix pragmatiquement stratégiques adoptés par LKQ Corp. pour redresser la situation.Et l'on en revient à l'analyse largement partagée par les observateurs avisés du monde de la pièce indépendante : si LKQ Corporation a mené une impressionnante razzia de distributeurs en Europe, il lui reste encore à prouver qu'il sait passer du statut envié de concentrateur à celui, pérenne, de consolidateur...
Jean-Marc Pierret
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