BCA mise sur la visio-expertise pour renforcer le lien avec le terrain
Le numéro un français de l’expertise automobile déploie pleinement, depuis cet été, la visio-expertise imaginée par Staare pour redonner du sens au contradictoire même à distance. Une solution qui permet aussi de nouer un lien plus humain avec l’automobiliste lui-même et a déjà permis de traiter plusieurs dizaines de milliers de sinistres.
Le principe est simple et Zakaria El Kaddouri, expert automobile au siège de BCA Expertise à Asnières-sur-Seine (92), l’utilise quasiment quotidiennement depuis son adoption à échelle nationale en juin dernier. Grâce au simple envoi d’un lien via Staare, solution pleinement interfacée avec les outils métier de l’entreprise, celui-ci peut être directement mis en contact avec n’importe quel réparateur pour réaliser l’expertise du véhicule pour lequel il a été missionné. A partir du moment où un créneau commun a été dégagé dans l’entretien des deux professionnels, la visio se déclenche et ceux-ci peuvent procéder à une expertise contradictoire comme s’ils étaient en présentiel.
Directement connecté au smartphone du carrossier, l’expert peut ainsi le guider durant le tour du véhicule, prendre lui-même les photos de chaque figure imposée (plaque d’immatriculation, n° de châssis, frappe à froid, kilométrage, usure des pneus, véhicule sous plusieurs angles…) puis des pièces endommagées. Les clichés étant saisis avec un autre objectif que celui de la caméra, ils s’avèrent plus nets qu’ils n’apparaissent en visio et cela permet aussi au dossier de bénéficier de photos immédiatement plus exploitables que lors d’une expertise à distance (EAD) classique.
Plus d’humain dans les échanges digitaux
Et contrairement à une photo-expertise classique, les atouts sont nombreux. L’expert et le carrossier peuvent ainsi s’accorder – ou non – en direct sur le type de travaux à effectuer, le volume horaire à y consacrer et à quel taux horaire. En moins de dix minutes en moyenne, l’expertise d’un sinistre non-classé VE peut-être effectué. Le chiffrage réalisé par l’expert peut ensuite être envoyé digitalement et signé par le réparateur. « C’est différent d’une EAD où l’expert reçoit un devis. Le risque de passer à côté de certains détails est moindre et lorsque d’aventure il reste un complément après démontage, il suffit de reprogrammer une visio très rapidement. La visio-expertise, en outre, rétablit l’aspect humain et un authentique contradictoire avec le réparateur. Et la visio avec l’assuré, lorsqu’il est présent, permet aussi de rendre l’expert visible à ses yeux », affirme Zakaria El Kaddouri.
Ledit assuré peut voir les disponibilités de l’expert via le lien qui lui est envoyé et choisir un créneau qui lui convient pour amener son véhicule à l’atelier. Un atout pour celui-ci comme pour son assureur, en termes de service client. Sans compter que la visio-expertise limite le déplacement de l’expert, ce qui satisfait aussi aux objectifs de réduction d’empreinte carbone auxquels est attachée la profession et ses mandants, dans le cadre de la directive européenne CSRD. Depuis le déploiement de Staare, quelque 450 000 km de déplacement ont pu être évités. « Et cela limite les litiges, également. Le dispositif simplifie également la gestion des véhicules en perte totale, car on peut expliquer plus facilement la raison à l’assuré et cela permet de limiter les frais de gardiennage du véhicule dans cette situation », ajoute l’expert.
Certains carrossiers déjà « 100 % visio »
Zakaria El Kaddouri l’avoue : « au-delà des carrossiers pilotes pour le déploiement de Staare, certains réparateurs recourent déjà presque uniquement à la visio-expertise, en-dehors des cas d’expertise VE ». Parmi les 1500 entreprises disposant du label BCA figure depuis plusieurs années le garage Renault Léon Olivier de Saint-Ouen-sur-Seine (93), fondé en 1980 par Léon Chiche, toujours dirigeant de l’établissement aux côtés de ses deux fils. « Aujourd’hui, je n’arrêterais pour rien au monde de recourir à la visio-expertise. C’est plus rapide, plus efficace et la réponse de l’expert est immédiate par rapport à une EAD, où il faut 24 à 48h pour recevoir le rapport d’expertise. Là, il y a un véritable échange contradictoire, un gain de temps : ce sont les atouts de l’expertise en présentiel sans les contraintes opérationnelles », explique Jordan Chiche, co-gérant.