AAG : Back2Car sanctuarisé
Après une période de turbulences, le réseau de pièces de réemploi d’Alliance Automotive Group retrouve une forte dynamique de croissance. Orchestré par Luc Fournier, le plan structurant le déploiement opérationnel de la marque Back2Car en France lui redonne un second souffle et l’ancre durablement dans l’écosystème d’Alliance Automotive Group.
Lancée en 2017 à travers une série d’acquisitions stratégiques, la marque Back2Car a traversé une phase d'industrialisation intensive entre 2018 et 2020. Si la crise sanitaire et les départs successifs de deux directeurs généraux ont figé les arbitrages financiers, la situation s’est débloquée après l’arrivée de la nouvelle équipe de direction. En clair, une impulsion nouvelle a été donnée pour réactiver les investissements suspendus, regagner de nouvelles parts de marché auprès des assureurs, assurer le lancement annoncé d’une 6e usine Back2Car, basée à Egreville (77), et calibrer la migration d’un nouvel ERP. « Désormais, un plan à trois ans sanctuarise la stratégie de Back2Car au sein d'AAG, positionnant son offre comme une réponse pérenne, économique et écologique aux enjeux du marché », indique Luc Fournier, directeur de l’activité PIEC. Un acronyme qu’il a ironiquement « détourné ».
Ainsi, pour traduire ses ambitions sur le terrain, Luc Fournier a officiellement déployé le Plan d’Intensité et d’Efficacité Commerciale (PIEC) ! Un véritable plan de bataille commercial dont la baseline officielle rappelle la citation d'Antoine de Saint-Exupéry : « Un objectif sans plan s’appelle un vœux ». Cette stratégie fait l'objet d'un habillage de marque spécifique — fusionnant les logos Back2Car et PIEC sur les affiches, documents externes et goodies — et fait l'objet d'une protection rigoureuse. Les résultats valident cette approche : en mai, certains clients enregistraient une croissance de 50 % par rapport à la moyenne du marché.
« La différenciation de Back2Car repose sur un écart de production de 30 à 40 points par rapport à la concurrence. Le réseau affiche un taux de démontage de 80 %, là où les deux ou trois plus gros recycleurs du marché plafonnent à 35 % », indique Luc Fournier. Cette efficacité garantit une traçabilité totale. Et l'approche se veut exclusive : toutes les pièces remanufacturées proviennent directement des véhicules hors d'usage (VHU) démontés par le réseau, excluant ainsi tout sourcing externe aléatoire.
Élargissement de l'offre et garanties renforcées
L'offre de Back2Car s'articule autour d'une gamme de pièces remanufacturées (reman) de 550 références, dont les ventes ont progressé de 68 % en 2024, maintenant une trajectoire similaire en 2025. Pour séduire les réparateurs, le réseau mise sur la transparence et la réassurance face aux mutations du secteur. La force de l'offre réside dans la clarté de sa proposition de valeur : « Les pros savent ce qu’il y a dans la boîte », martèle le dirigeant. Une différenciation forte par rapport au downsizing des acteurs traditionnels. Pour appuyer cette promesse, une garantie à vie sur les batteries et les pièces de carrosserie en réemploi, ainsi qu’une garantie de deux ans sur la gamme Reman sont proposées.
Back2Car a été le premier recycleur à lancer une gamme de batteries remanufacturées, présentée lors du FAB en 2024. Le réseau applique un démontage systématique de tous les véhicules électriques réceptionnés. Bien que le marché global reste à maturité progressive — avec 20 unités vendues à ce jour pour un stock glissant passé de 250 à environ 200 batteries —, l'entreprise met de côté ses composants (stocks dormants), en attendant le retournement du marché.
Propositions réglementaires pour structurer la filière
Face aux récents contrôles de la DGCCRF avec environ 400 interventions ayant pointé des manquements sur l'affichage des prix, des fraudes sur les filtres à particules ou le non-respect du décret pièces d'occasion, Luc Fournier formule deux propositions concrètes pour inciter le secteur à utiliser la pièce d'occasion. « Il faut instaurer un taux minimum de pose de pièces issues de l'économie circulaire chez les mécaniciens (à hauteur de 5 % ou 10 % des achats de pièces), sur le modèle existant de la carrosserie. Et il faut simplifier le parcours client via un devis unique intégrant directement un taux de réemploi, en remplacement du système actuel de double devis qui est trop complexe. »
Perspectives européennes
La maturité du marché français du réemploi s'inscrit dans un contexte international contrasté. Les pays anglo-saxons affichent une pénétration supérieure mais orientée vers le mid-market (bas prix), tandis que la Scandinavie privilégie la dimension écologique. Les États-Unis demeurent probablement les plus avancés au monde grâce à la culture historique du Do It Yourself. En Europe du Sud, l'Espagne conserve une pratique culturelle et familiale de la « casse du dimanche », très ancrée bien que non structurée, alors que l'Allemagne ne dispose pas de véritable structure de filière intégrée, même si un constructeur comme Mercedes possède sa propre entité de recyclage. Le plan à trois ans, validé par AAG, ouvre donc clairement la voie aux champs des possibles et à des ambitions européennes. A suivre…
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