Alternative Autoparts : dix ans et déjà 3e groupement de France

, mis à jour le 01/04/2026 à 17h12
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ALTERNATIVE AUTOPARTS 10 ans

Il aura suffi d’une décennie pour que le groupement née le 1er avril 2016 prenne sa place dans le paysage hexagonale dominé par ses "aînés" Autodistribution et les réseaux AAG. S’il a su convaincre avec un modèle jouant résolument l’indépendance, il lui faut maintenant s’armer pour passer les dix prochaines années dans un environnement en profonde mutation.

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En 2016, c’est sur une exaspération de voir l’écosystème se financiariser que Patrice Godefroy, le patron du déjà leader IDLP, se lançait dans l’aventure, que certains prédisaient insensée. Avec son co-créateur Atac Pièces Auto, il s’agissait de créer une nouvelle « voie à ceux qui veulent reprendre la main sur leur stratégie d’achat et d’animation de leur CA tout en restant dans une logique de massification » pour la distribution. Un idéal d’indépendance qui se conjuguait à celui de la transparence des conditions commerciales et des accords fournisseurs. 

Un pari osé sur un territoire déjà riche de six groupements ! Mais pari gagné et validé après dix ans de développement ininterrompu pour monter sur le 3e marche du podium des groupements hexagonaux de distribution, avec 195 adhérents cumulant 1 Md€ de business. Car aujourd’hui, outre la fonction pure de référencement, Alternative Autoparts a installé un réseau de douze plateformes (nationales et régionales), développé son indispensable enseigne de garages Technicar Services dont 215 ateliers portent aujourd’hui les couleurs, imaginé et déployé le concept de Relais technique (37 à ce jour).  Une « grande famille », concept cher au cœur de son créateur, qui s’est amarré en 2018 à Nexus Automotive International, année de la première convention qui a réuni tout le monde à Mykonos en Grèce, suivie de Cannes et l’an passé Rome. 

Une boîte à outils gonflée

Cependant, un groupement ne peut vivre et croître que si la promesse se concrétise en services. D’où l’ajout de briques au fil du développement : la MDD Novalt, accès à des offres PIEC, pièces d’origine constructeur, de pneumatiques. S’y ajoute une démarche d’accompagnement technique, ADN du groupe IDLP, sur les véhicules thermiques mais aussi électriques avec le concept "Expert Éco-Mobilité" spécifique dédié aux ateliers. Enfin, Alternative Autoparts a dernièrement musclé sa démarche sur le marché de la carrosserie-peinture, souvent délaissé par ses adhérents, en signant un accord avec AkzoNobel.

Préparer demain

Un large panel de besoins des adhérents distributeurs et réparateurs déjà couverts qui devra cependant être encore enrichi pour coller aux rapides transformations du monde de la maintenance automobile. En ce début d’année, les équipes ont entrepris un vaste tour de France pour récolter les idées-besoins des entrepreneurs portant les couleurs Alternative Autoparts/ Technicar Services. De quoi remplir la boîte à idées pour préparer les évolutions à venir, mais aussi la prochaine convention déjà programmée pour avril 2027.

« Au dernier board d’Alternative Autoparts, nous avons bien ressenti ce vent d’engagement des actionnaires, une réelle interaction, un partage des bonnes idées qui doivent profiter à l’ensemble des membres du groupement. Et c’est le bon moment d’avoir une telle approche participative. Car face aux transformations technologiques, à la concurrence venue de l’Est et aux tensions géopolitiques, nous devons nous préparer à de nouvelles perturbations », insiste Fabrice Godefroy, DG d’AA. Il décrit un marché paradoxal : malgré un marché VN qui s’est écroulé et un parc ne cessant de vieillir, « la rechange n’a pas engrangé le niveau de business que l’on pouvait espérer. Cela laisse entrevoir concrètement un essoufflement des consommateurs sous la pression d’un pouvoir d’achat à la peine. » 

Fin observateur des mouvements, il note que 80 % des immatriculations concernent dorénavant des véhicules électrifiés,.« Nous devons nous projeter et nous positionner fermement sur ce sujet mais également sur la montée en puissance des véhicules connectés et donc sur le sujet Adas. » Il pointe également du doigt la tendance de certains équipementiers à réduire "la voilure" sur certaines pièces de véhicules anciens, avec des risques de ruptures d’autant plus problématiques que justement le parc vieillit (12,3 ans pour le parc VP en janvier 2026). Autant de phénomènes qui poussent le groupement à adapter sa doctrine encore largement axée sur « le soutien aux marques premium sourcées chez les équipementiers de première monte » pour intégrer toujours plus de gamme de deuxième ligne et pousser fortement la marque distributeur. Le marché bouge, les acteurs aussi ! 

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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