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Careco change de braquet

, mis à jour le 03/06/2026 à 18h45
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Centre CARECO

Passage du statut de coopérative à celui de SAS, changement de gouvernance, rapprochement avec le suédois Autocirc (aujourd’hui dans le top 3 des entreprises européennes de PRE) : Careco se réinvente pour accompagner le développement de son réseau via un système d’adhésion élargi, et renforcer sa position sur un marché en pleine mutation. 

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C’est une étape importante que vient de franchir Careco : le passage en statut de SAS pour gagner en agilité et s’adapter à un marché qui s’est professionnalisé depuis la création, en 2003, d’un réseau alors précurseur. « À l’époque, le but n’était pas la rentabilité, mais de faire bouger, de moderniser et d’industrialiser la filière », rappelle Maxime Richaud, président d’Autocirc France, membre du comité de direction de Careco SAS et PDG de Careco Saint-Étienne. Si le pari a été gagné avec un chiffre d’affaires 2025 annoncé à 130 M€, il fallait aussi redonner du "peps" à une organisation qui stagnait. L’arrivée en 2023 de l’énergique Suédois Autocirc — qui en six ans s’est hissé au rang de leader du recyclage en Europe avec 60 centres à son actif — a réveillé le Français. Le groupe scandinave est devenu actionnaire majoritaire de six des dix-huit sociétés du réseau ainsi que de Careco France, « qui reste un réseau de centres indépendant », précise-t-on. 

Nouvelle gouvernance

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Visuel-CARECO-Edouard-Martin-Nelson-Jourdin

Un aiguillon idéal pour abandonner l’historique statut de coopérative et passer à celui, plus entrepreneurial, de société. « La transformation en SAS a précisément été construite pour préserver l'identité, l'ancrage terrain et l'indépendance du réseau, tout en bénéficiant des synergies européennes d'Autocirc », insiste son nouveau président, Édouard Martin, également directeur général de Careco Pontarlier, Louhans et Saint-Marcel, en Bourgogne-Franche-Comté. Une direction de trentenaires, complétée par un nouveau DG, Nelson Jourdin, lui-même secondé par Pierre Largillier, DG délégué. À leurs côtés, Pierre Coirier a récemment été recruté au poste de directeur du développement. 

Adhésion à la carte

« L’évolution de nos statuts marque une étape importante dans la trajectoire de CARECO. Elle nous permet de nous doter d’un cadre à la fois plus souple et plus réactif pour accompagner notre développement, tout en restant fidèles à notre ADN collectif et entrepreneurial », explique Édouard Martin. Et de fait, le cadre coopératif limitait la possibilité d’accueillir de nouveaux membres, freinant l’indispensable extension du maillage de la marque. Les dirigeants visent désormais un réseau de 40 membres à court terme, contre 18 aujourd’hui (pour 15 actionnaires) ! 
D’où la mise en place d’un nouveau modèle d’adhésion basé sur différents niveaux d’intégration. « La stratégie multi-niveaux permet de structurer le réseau selon différents degrés d’engagement et d’accompagnement afin de répondre plus efficacement aux réalités de chaque centre. L’objectif est de proposer un cadre clair et progressif, permettant à chacun de s’inscrire dans le réseau selon son niveau d’implication. Cette organisation est évolutive, avec la possibilité de changer de niveau au fil du temps », décrit Édouard Martin. 

Ainsi, à l’historique « Niveau 1 » réservé aux actionnaires porteurs du panneau, va s’ajouter un « Niveau 2 » pour des centres non-actionnaires. Ces derniers porteront l’enseigne et bénéficieront d’un accès renforcé aux services et à l’image de marque, en contrepartie d’un droit d’entrée. Enfin, un troisième niveau d’adhésion « version light » s’adresse aux affiliés Careco. Ceux-ci conserveront leur identité propre (sans arborer l’enseigne Careco) tout en bénéficiant des outils digitaux, des marketplaces et des services du réseau. Sept centres auraient d’ores et déjà signé pour ce niveau 3. 

Mutualisation des stocks

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Maxime RICHAUD
Maxime Richaud, président d’Autocirc France

Outre l’extension de la marque, cette démultiplication des voies d’accès doit contribuer à enrichir l’offre en ligne sur la plateforme digitale alimentant les marketplaces careco.fr (pour les particuliers) et careco.pro (pour les professionnels). Elle centralise déjà 800 000 pièces et devrait, avec l’apport de ces nouveaux arrivants, atteindre le million de références à l’horizon 2027.  « Reste que l’objectif n’est pas quantitatif mais qualitatif. En clair, Careco œuvre pour que l’offre soit en parfaite cohérence avec la demande et les ventes. L’idée est donc de mieux démonter les pièces sur nos VHU (Véhicules Hors d'Usage), et pas obligatoirement plus », précise Maxime Richaud. Il rappelle cependant que là où les centres VHU français démontent en moyenne 70 % des pièces, Autocirc atteint les 100 %. 
Cette base de données est également alimentée depuis le début de l’année par les stocks d’Autocirc. « Avec notre actionnaire suédois, nous partageons nos outils. Nous bénéficions des connaissances et des processus particulièrement avancés des pays nordiques en matière de recyclage, notamment pour la gestion des véhicules électriques. Et si nous priorisons toujours un service local pour des raisons logiques d'impact carbone lié au transport, nous optimisons mutuellement notre disponibilité en échangeant des pièces correspondant à nos typologies de parcs respectives », décrit le PDG d’Autocirc France. 
Au total, il s’agit de se mettre en ordre de marche pour offrir le meilleur service et la meilleure disponibilité aux réparateurs, de plus en plus demandeurs de PRE. « La facilité de commande, la livraison rapide (24-48h) et la possibilité de retour en cas de non-conformité, caractéristiques du commerce électronique, ont énormément favorisé la pièce de réemploi », admet-on chez Careco. L'entreprise, qui enregistre des croissances à deux chiffres sur ses ventes en ligne, considère que l’alliance d’une diffusion web puissante et d’un ancrage local national constitue le double levier d'avenir du réseau.

Batteries de VE : Autocirc standardise leur réemploi à l’échelle européenne

En fin d’année dernière, le recycleur suédois a lancé EV360, une plateforme présentée comme la première solution européenne standardisée dédiée à la gestion circulaire des véhicules électriques et de leurs batteries. Son processus vise à structurer le démontage, le test, la traçabilité et la réutilisation des pièces et batteries issues de véhicules électriques accidentés ou en fin de vie. Au cœur du dispositif figure un protocole de traitement standardisé permettant de réemployer les batteries haute tension, non seulement dans des systèmes de stockage d’énergie, mais également comme batteries de remplacement pour d’autres véhicules électriques. Le programme EV360 est actuellement en phase de déploiement dans les six centres Careco appartenant à Autocirc France.

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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