DEPA : L'hyper spécialisation et le « Made in France » en boussoles
Après une année 2025 contrastée, marquée par des retards logistiques mais préservée par un puissant rattrapage, DEPA a maintenu ses positions sans concéder la moindre part de marché. Mieux encore, l'exercice 2026 s'est ouvert sur un premier trimestre qualifié de « très bon » par Luc Avisse, son dirigeant, surperformant la tendance globale d'un secteur frileux.
Pour Luc Avisse, le P-DG de DEPA, la résilience du groupe valide un modèle industriel éprouvé : « Face à une concurrence accrue, notre salut réside dans notre hyper spécialisation. Depuis quarante ans, nous cultivons notre expertise sur nos familles historiques – transmission, freinage, direction – sans céder à la tentation de multiplier les lignes de produits ». En clair, l’alliance entre maîtrise technique, outil de production français et 60 000 pièces pour 30 000 références en stock permet de garantir à DEPA un taux de service de 98 % tout en proposant la rénovation sur-mesure de pièces clients pour des modèles rares ou de collection. Vient ensuite une phase de profonde démocratisation de l’économie circulaire. Portée par la contraction du pouvoir d'achat et le vieillissement structurel du parc roulant, la pièce reconditionnée (Reman) s'impose comme une alternative incontournable pour le marché (clients et réparateurs). Si la transition vers le véhicule électrique en effraie certains, DEPA prend le virage grâce à des technologies sous-jacentes homogènes, répondant déjà aux besoins de marques comme Tesla. Sébastien Richemont, directeur commercial de DEPA, observe d'ailleurs une maturité globale des marchés, y compris hors de nos frontières : « Depuis 2020, les lignes bougent de manière spectaculaire. Même l'Allemagne, historiquement hermétique au Reman, s'adapte à un rythme soutenu sous l'impulsion des évolutions législatives. Les constructeurs eux-mêmes investissent massivement dans l'éco-conception, même si la viabilité économique de ces démarches n'est attendue que sous cinq à dix ans grâce aux effets de volume. » Pour soutenir cette dynamique, l'équipementier muscle donc son sourcing européen via un réseau de brokers, indispensable pour pallier les déficits de retours de carcasses.
Ambitions internationales, lobbying et ancrage RSE
Pour transformer cet alignement des planètes en leviers de croissance, DEPA accélère son déploiement international et ses engagements institutionnels. Ses participations aux salons Equip Auto et le prochain Automechanika de Franfort en septembre montrent sa volonté d’être vu à l'export. L'ouverture d'un bureau d'agents en Allemagne et sa montée en puissance en Belgique, en Espagne et en Italie confortent le groupe dans sa stratégie. Sur le terrain réglementaire, un lobbying actif auprès d'organismes comme l'ADEME est mené pour la création d'un « Label Reman », destiné à valoriser la traçabilité et les garanties du reconditionnement industriel face au simple marché de l’occasion. Enfin, cette rigueur s'accompagne d'une structuration RSE validée par l'obtention récente de la certification EcoVadis. « Notre activité est verte par nature, mais formaliser nos actions sociales et environnementales nous donne un marqueur de différenciation majeur », souligne Sébastien Richemont, avant que Luc Avisse ne conclut sur la perception des acheteurs : « Le prix reste le premier déclencheur d'achat, mais la réassurance du "Made in France", couplée à la dimension écologique, constitue un argument commercial puissant qui séduit de plus en plus de distributeurs et de réparateurs. »
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