Surplus Recyclage : Circularité industrialisée à l’extrême

, mis à jour le 08/07/2026 à 09h20
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Laurent Hérail

Le groupe Surplus célèbre ses 20 ans et confirme un positionnement désormais entièrement industriel. Son fondateur, Laurent Hérail, assume une trajectoire sans ambiguïté : massifier, automatiser et structurer l’ensemble de la chaîne de valeur de la mobilité terrestre. 

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« Nous traitons toute la mobilité terrestre », résume Laurent Hérail, le dirigeant fondateur du groupe, historiquement implanté dans le Sud-Ouest, à Gaillac. Deux-roues, véhicules légers, utilitaires, poids lourds, engins agricoles, bus ou encore véhicules de loisirs, l'approche transversale tranche avec une filière encore largement fragmentée. Surplus s’appuie aujourd’hui sur six usines dites « 4.0 », intégrant automatisation des process et traçabilité systématique par code-barres. L’objectif est assumé : standardiser et sécuriser chaque étape, du démontage au reconditionnement, jusqu’à la commercialisation des pièces et véhicules d’occasion. Le groupe a également engagé un nouveau cycle industriel avec GSR Énergie, activité dédiée au reconditionnement et à la transformation des batteries. L’usine pilote, encore volontairement fermée au public, marque une diversification stratégique vers les nouvelles énergies. Autre élément structurant : la capacité du groupe à traiter tous les segments de mobilité dans un même système industriel. Cette transversalité constitue un choix de modèle plutôt qu’une addition d’activités.

Massification et automatisation comme condition de compétitivité

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Surplus

Pour Laurent Hérail, la logique est sans équivoque : « seule la massification permet de rendre la circularité rentable et compétitive face au neuf ». Cette conviction structure l’ensemble de la stratégie industrielle du groupe. L’automatisation répond à trois objectifs clairement identifiés : réduire la pénibilité, sécuriser les recrutements dans un secteur en tension et stabiliser les équipes. Surplus affiche ainsi un turnover très faible, directement lié à ce modèle organisationnel.
Dans les sites industriels, les équipements de dernière génération sont systématisés : bancs de redressage, contrôles électroniques, découpe plastique, ultrasons pour certains composants. Cette montée en gamme technique vise à garantir une qualité homogène des opérations de reconditionnement.

Une offre structurée autour de la fiabilité

Surplus Recyclage développe une offre globale de pièces issues de l’économie circulaire, avec un niveau d’exigence élevé. Les pièces remanufacturées bénéficient d’une garantie de deux ans et affichent un taux de retour inférieur à 2 %. Dans les ateliers partenaires, le recours aux pièces de réemploi atteint désormais près de 30 % des réparations, grâce à l’intégration d’outils de diagnostic avancés et de contrôles normalisés, incluant les technologies ADAS. Cette performance positionne le groupe parmi les acteurs les plus intégrés du secteur, avec une logique de substitution progressive à la pièce neuve. 

Mais le dirigeant reste lucide sur l’état du marché : « la filière n’est pas encore structurée à l’échelle industrielle ». La France compte environ 1 700 centres VHU, dont seulement 800 démontent effectivement des pièces. Chaque année, près de 1,5 million de véhicules arrivent en fin de vie, dont environ 700 000 échappent encore à une prise en charge organisée. Un déséquilibre que Laurent Hérail considère comme « un frein industriel majeur et un enjeu environnemental évident ». Face à cette situation, le dirigeant plaide pour une évolution réglementaire articulée autour de trois axes.
Premier point : l’élargissement de la responsabilité élargie du producteur (REP) à l’ensemble des véhicules hors d’usage, y compris les véhicules incomplets, aujourd’hui exclus du dispositif.
Deuxième priorité : la mise en place d’une traçabilité obligatoire des pièces issues de l’économie circulaire. Chaque pièce devrait être identifiée, contrôlée et rattachée à un centre VHU agréé via un numéro de suivi, afin de garantir la sécurité technique et sanitaire.
Troisième mesure : réserver la vente de pièces d’occasion aux seuls acteurs agréés. Les plateformes non certifiées sont considérées comme un facteur de déséquilibre, en raison de la présence de pièces non contrôlées, parfois issues de circuits illégaux.

Déploiement industriel et diversification

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Surplus Recyclage

Surplus Recyclage engage un programme d’extension progressive de ses capacités. Entre 2025 et 2030, le développement repose sur l’exploitation des réserves foncières existantes. À l’horizon 2030-2035, le groupe prévoit une extension supplémentaire sur 21 hectares attenants à ses sites actuels.
Le développement de GSR Énergie constitue un axe stratégique majeur, inscrit dans une approche prudente de la réglementation des batteries et une logique d’anticipation des futurs équilibres industriels. Parallèlement, le groupe poursuit sa diversification dans les différentes branches de la mobilité, avec des divisions dédiées aux bus, aux poids lourds et aux usages de loisirs, appelées à devenir des activités à part entière.

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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