Pièces issues de l'économie circulaire  : pour que durabilité rime avec rentabilité

, mis à jour le 29/06/2026 à 18h18
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ECO CIRC_symbole circularité en atelier

Réglementation, professionnalisation et digitalisation ont largement contribué à accélérer le mouvement d’appropriation des PIEC. Les assureurs poussent, les têtes de réseaux se convertissent, les réparateurs adhèrent, les automobilistes acceptent davantage… et les constructeurs eux-mêmes s’intéressent de près au sujet. vision à 360° d'une niche "Eco circulaire" muant en alternative crédible.

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Tous le disent : la plus grande visibilité des stocks de PRE disponibles dans l'Hexagone via l’essor des marketplaces a joué un rôle moteur. L’arbitrage économique, avec une pièce qui s’affiche de 7 à 10 % plus chère depuis le début de l’année (inflation qui sévit depuis de nombreuses années), a semble-t-il convaincu les consommateurs. 74 % d’entre eux ont accepté une proposition alternative d’un réparateur l’an passé. Restait à faire basculer les garagistes. C’est chose faite pour 45 % d’entre eux, qui les proposent systématiquement, soit 20 points gagnés en deux ans (source : étude Mobilians) !

Les circuits se consolident
Les CVHU, de plus en plus industrialisés, sont calibrés pour répondre aux exigences de transparence des prix et qualité encouragées par les marketplaces qui sont au cœur du flux de pièces. Recherches multi-critères, disponibilité en temps réel, traçabilité, livraison : les standards de service se rapprochent de ceux de la distribution traditionnelle. Plus une seule tête de réseau ne fait l’impasse sur un dispositif d’accès aux offres PIEC ! Même les distributeurs se positionnent, désormais challengés par leurs clients qui réclament des solutions globales intégrant désormais la PIEC dans leur sourcing. Précurseur avec Back2Car, Alliance Automotive Group a ouvert une voie. Et si tous ne vont pas jusqu’à pousser la logique par l’intégration (rachat de CVHU), certains stockistes (comme Ferron) se sont lancés dans l’aventure. Plus lent à l’allumage, Autodistribution a structuré sa réponse et « fait preuve d’une grande efficacité pour dérouler auprès de ses clients », note un expert du secteur. Et dernière initiative marquante en date : la plateforme lyonnaise Dasir qui lance son site dédié DPIEC (en s’appuyant sur une marketplace existante) pour propulser la PIEC vers les distributeurs. Et levier puissant d’accélération sur le marché : l’investissement à marche forcée des constructeurs dans le circuit.

Les derniers écueils
Reste à faire sauter certains freins. Notamment celui de la perception de la qualité, critère de choix n° 1 devant le prix ou la disponibilité. La capacité de la filière à garantir des standards homogènes demeure donc essentielle. La démarche Qualicert des CVHU a ouvert une voie qu’empruntent aujourd’hui des labels d’assureurs (SRA) ou même la réflexion de Mobilians d’encadrer plus fortement le remanufacturing. Le second frein est structurel, avec à peine 300 des 1 700 CVHU exposant leur stock en ligne. L’enjeu est donc d’embarquer l’ensemble des acteurs.
Enfin, la filière REP a accéléré la professionnalisation du secteur, mais l’a aussi déstabilisé avec des cahiers des charges imposés par les constructeurs venant se surajouter aux multiples référencements déjà imposés aux CVHU. Et certains pourraient ne pas s’en remettre.

Les perspectives restentnéanmoins favorables. Le futur règlement européen sur les VHU renforce la place de la PIEC. En s’attaquant notamment aux verrous liés au codage des composants électroniques, il pourrait ouvrir un nouveau gisement de croissance, déjà porté par des prestataires tel Cotrolia.

La marge en euro pour résoudre l’équation économique

C’est un changement de logiciel “tarifaire” qu’il faut opérer : calculer la marge d’une PIEC non en pourcentage, comme habituellement, mais en euro, en appliquant la somme quasiment équivalente de ce qu’il gagne sur une pièce neuve. Une approche gagnant-gagnant pour le réparateur et le client, mais aussi pour les prescripteurs (grands comptes, assureurs) qui doivent encourager à l’utilisation de la PIEC pour des raisons économiques, mais également de responsabilité élargie du producteur étendue.

CHIFFRES CLÉS : des signaux forts qui se renforcent

• 4 Md€, c’est le marché européen de la PIEC en valeur. (source : Valeo)
• 500 M€, c’est le marché en France qui a fait X2 en France en cinq ans
• 1,5 millions de VHU traités par an, générant 50 000 tonnes de composants
•7-8% c’est la part de la PIEC dans le marché français de la pièce, contre 5% il y a cinq ans (source : Caréco).

Appétence des consommateurs : (étude OpinionWay-Valused - décembre 2025) 
91% des conso prêts à passer PIEC ( 25% de plus qu’en 2024)
60% pour question de prix
26% (1/4) pour raison protection de l’environnement

Conversion des réparateurs (étude Mobilians - novembre 2025)
61% des réparateurs proposent systématiquement de la PIEC
1% jamais (20% en 2024) !
72% réparateurs estiment intéressant l’échange standard (+14%)
58% réparateurs considèrent la PRE comme une solution positive (+9%)

• Voie à renforcer : la réparation-collision (chiffres SRA- T1 2026)
22,3% des rapports d’expertise avec au moins une PRE
6,5% de PRE dans le total des pièces remplacées (véhicules tous âges)
9,1% de PRE dans le total des pièces remplacées pour véhicules 5 "ans et +"

RÉSEAUX MULTIMARQUES : Les réparateurs prennent le pli !

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AA Offre PRE SITE

En face d’une off re de plus en plus structurée, une demande en nette hausse ! Les réparateurs s’approprient la PIEC d’autant plus facilement que le parc vieillit. Tout comme le budget des ménages pour l’entretien du véhicule, qui s’amoindrit… En 2022, Alternative Autoparts a mis en place un dispositif complet d’offres PIEC. Outre le partenariat passé avec la plateforme d’achat de PRE en ligne, le groupement s’est également rapproché du groupe breton de recyclage Ecova (sept CVHU). Une offre de plus en plus appréciée des garages Technicar Services. « Entre 2024 et 2025, les achats de PIEC de nos clients garagistes ont augmenté de 40 %. Leur appétence est telle qu’ils sont demandeurs d’une off re enrichie », explique Julien Merlaud, responsable marketing d'Alternative Autoparts. Une offre PRE qui vient compléter celle en échange standard, notamment via la marque propre Tech’N Parts ainsi que l’échange-réparation (injecteurs, pompes, vannes, etc.). « Là également, les curseurs sont en croissance. »
Autre levier en progression : la réparation des pièces électroniques via Cotrolia. Enfin, nouveau service écologique proposé par les distributeurs AA : la solution de nettoyage des FAP pour les VP, mais aussi les VI et l’Agri. « Lancé il y a deux ans, ce service permet de faire de l’écologie, mais aussi du CA additionnel », note Julien Merlaud.

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BACK2CAR garantie à vie

Diversification pour les adhérents AAG !
L’offre disponible en interne (Back2Car) est un gros plus pour les réseaux AAG. « Les garages ont vite pris le réflexe de voir si les pièces techniques (injection notamment), plus chères, étaient disponibles en occasion. Et les derniers doutes ont été levés grâce au lancement du programme “Garantie à vie” », déclare David Le Merrer, directeur des réseaux VL. Ce dernier note une particularité : « La première famille de PRE consommée dans les ateliers mécaniques reste, en volume, la pièce de peau, dont l’éclairage et la signalisation : lorsque le véhicule d’un client a un feu cassé, le mécanicien peut fournir ce service
additionnel de remplacement. » Un discours qui fait mouche, car cela lui évite de se rendre chez un carrossier. Idem pour son rétroviseur…
Autre grande famille également travaillée dans les ateliers mécaniques des réseaux AAG : les pièces d’accastillage d’intérieur – commodos, poignées de porte, leviers de frein, leviers de vitesse jusqu’aux autoradios – « tout ce que les professionnels ont finalement du mal à trouver en neuf… et que les clients réalisaient en do-it-yourself », note le directeur des réseaux !

LKQ : un triptyque dynamique
Trois leviers permettent au groupement LKQ France de faciliter l’accès à la pièce pour ses clients ateliers, notamment ceux aux couleurs AutoFirst. 

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VEGE FRANCE operateur sur moteur

Premier axe : l’offre de pièces remanufacturées portée par VEGE, l’industriel néerlandais intégré au groupe LKQ en 2020. Sa filiale française, à Saint-Quentin-Fallavier (38), dispose d’un entrepôt annonçant près de 8 000 références en stock : moteurs échange standard, boîtes de vitesse, turbocompresseurs, boîtes de transfert, culasses neuves ou en échange standard, pompes à injection et injecteurs. Cette offre, relayée par les distributeurs partenaires du groupe, trouve progressivement sa place au sein des ateliers de réparation.
Concernant la pièce de réemploi (PRE), un double partenariat a été activé : avec GPA26 via sa plateforme en ligne –une collaboration qui, selon LKQ France, génère une croissance à deux chiffres – et, pour compléter cet assortiment, CAPNOR, centre VHU et recycleur basé à Dunkerque, dans le Nord. 

RÉPARATION-COLLISION : Équilibre parfois complexe

« Le rôle de la tête de réseau est d’intervenir en tant que “ facilitateur” pour la recherche de la bonne pièce, qui peut être chronophage. Pour que cela devienne un réflexe, l’offre doit être présente au cœur de leur écosystème digital – le DMS commun – à partir duquel est effectué le chiffrage, la commande de pièces neuves (Cora) ou d’occasion (via les partenaires référencés : Opisto, GPA, Surplus, Careco et Valused) », détaille Catherine Duyck, directrice Carrosserie AD. Un réflexe bien sûr également stimulé par des donneurs d’ordre, l’utilisation de la PRE entrant dans le cadre de leur stratégie RSE, mais aussi et surtout pour maîtriser les coûts sinistres.

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CARROSSIER et EXPERT devant veh

Poser de la PIEC oui, mais rapidement !
Attention toutefois : la PIEC n’est pas la panacée. À l’heure du contradictoire avec l’expert, le carrossier doit négocier ses heures… Le chantier peut-il être réalisé avec de la PIEC ? Et en termes logistiques, la pièce arrivera-t-elle dans les meilleurs délais pour que le prêt éventuel d’un véhicule-relais ne dure pas trop longtemps ? S’il faut réparer durablement, il faut aussi réparer vite ! La rentabilité des carrosseries passe par là. 

Autre problème : tout le monde recherche les mêmes pièces – choc avant (ailes, optiques), ouvrants – ce qui gonfle les prix… Mais la PIEC reste la voie de l’avenir ; pour cette raison, les carrossiers AD – comme les réseaux mécaniques du groupement – sont engagés dans une démarche de labellisation “Commerçants responsables”. Un atout RSE important, surtout dans le cadre d’appels d’offres de clients pros comme les loueurs ou les flottes d’entreprise…

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