LKQ US résiste, l’Europe cherche son souffle
Le géant US de la pièce annonce pour le premier trimestre 2026 des ventes certes toujours en repli, mais qui semblent reprendre de l’élan. Alors que le business est quasiment stable sur son marché domestique, LKQ Europe, mobilisé sur la rationalisation, peine à retrouver une dynamique positive.
« Nous évoluons dans un environnement difficile et nous nous concentrons sur l'amélioration de nos résultats. Nos équipes prennent des mesures délibérées pour réduire les coûts, rationaliser les opérations tout en gagnant des parts de marché […] En Europe, nous avons constaté des améliorations continues tout au long du trimestre et nous poursuivons nos efforts d’intégration. […] Nous agissons avec urgence et nous concentrons sur l’exécution, l’amélioration de nos relations clients et le renforcement de l’activité afin de créer de la valeur pour nos actionnaires », a commenté Justin Jude, président-directeur général de LKQ. Et de fait, une étape périlleuse a été passée en avril avec la migration du nouveau système ERP – sensé être adopté par toutes les équipes européennes à terme – notamment en Allemagne.
Reconstruction européenne
Mobilisées sur l’intégration du millefeuille européen et sur la chasse aux coûts, qui plus est sur un marché bousculé et de plus en plus compétitifs, les équipes peinent à conquérir des parts de marché. Résultat sur le premierer trimestre, le chiffre d’affaires global généré par LKQ Europe s’annonce en croissance de 6,5 %, à 1,62 Md$ ,pour atterrir sur un CA organique en recul de 4 %. Pour rappel, la division "Europe" avait fini 2025 sur un repli de l’ordre de 14 % ! Au T1, l’EBITDA perd 1,5 point (vs T1 2025) pour représenter 7,8 % du CA.
Une pression de plus pour l’entité Europe dont l’avenir au sein de l’ensemble LKQ est clairement sur la sellette, sous la pression d’investisseurs pas convaincus de la pertinence de cette conquête européenne, alors même que l’Américain reste le leader du marché ! Lors de la publication de ses résultats pour le T1, la direction a confirmé que l’étude d’une possible retrait du marché européen était en cours et confirme ne pas se donner d’échéance pour prendre sa décision, « et rien ne garantit qu'il aboutira à une transaction ou à tout autre résultat stratégique ». On n’en sait donc pas plus sur ce mouvement qui, s’il s’avérait, serait une vraie déflagration dans le paysage de la pièce de rechange européenne.
Stabilisation au niveau groupe
Si la période est tendue pour l’Europe, le distributeur de Nashville a repris de l’élan en Amérique du Nord. « Notre activité a bien résisté au cours du trimestre, avec une croissance supérieure à celle du marché, et nous commençons à voir des signes de reprise sur le marché », s’est réjoui Justin Jude. Concrètement, sur un revenu de 1,44 Md$, le CA organique "Pièces et Services" est resté stable (- 0,4 %) sur T1 2026 vs T1 2025, pour un EBITDA à 14 % (- 1,3 point).
Ainsi, le groupe boucle ce premier trimestre de l’année sur 3,47 Md$ de CA, soit une croissance de 4,3 % ramenée à un recul de 1,6 % en version CA organique. Les indicateurs financiers sont impactés avec un résultat net passé de 158 à 77 M$ entre les T1 2025 et T1 2026, quand l’EBITDA a perdu 1,4 point pour s’établir à 10 %
Positive, la direction de LKQ, qui dit constater « une amélioration des tendances de performance à l'échelle de notre présence mondiale, avec une vigueur continue en Amérique du Nord et des premiers signes de stabilisation en Europe », vise un atterrissage 2026 au mieux à + 1,5 % et au pire sur une quasi-stabilisation à 0,5 %.