Le coût de la réparation continue de croître sur (presque) tous les fronts
Coût des réparations, tarifs des pièces, taux horaires des carrossiers : les trois observatoires publiés par SRA pour le premier trimestre 2026 dressent un tableau cohérent d'une filière sous pression inflationniste modérée mais persistante. Seule note dissonante : la montée continue des pièces de réemploi, qui s'installe comme une tendance de fond.
Au T1 2026, le coût moyen des réparations automobile progresse de 4,0 % par rapport au T1 2025, une variation strictement identique sur douze mois glissants. Tous les postes sont orientés à la hausse, à l'exception notable des petites fournitures – les fameux fongibles telles les agrafes, les rivets, etc. – en recul de 8,3 % sur le trimestre et de 15,4 % sur 12 mois glissants, signe d'une normalisation après des années de tension. Les pièces pèsent toujours plus lourd sur la facture avec 53,7 % du coût total au T1 2026, et progressent de 4,3 % sur un an. La main-d'œuvre, elle, pèse 34,4 % et augmente de 3,1 %. Enfin, les ingrédients peinture progressent de 3,9 %, et le poste forfaits enregistre la hausse la plus marquée : +4,9 % sur le trimestre, +5,1 % sur douze mois glissants.
Ford se démarque et ça se remarque
L'observatoire du panier pièces, qui suit 12 182 références sur 287 modèles de 30 marques, confirme l’inflation structurelle profonde à l’œuvre depuis plusieurs années. L’indice du coût du panier pièces atteint 192,4 en base 100 (2015), soit quasiment un doublement en onze ans. Sur le trimestre, les tarifs bruts progressent de +1,4 % et le coût du panier de +1,9 %, soit respectivement +4,6 % et +5,3 % sur 12 mois. Les disparités entre marques sont significatives. Les plus fortes hausses du coût du panier pondéré concernent MG (+7,7 %), Suzuki (+5,4 %) et Kia (+5,0 %), portées par la montée en puissance de modèles récents plus coûteux dans les sinistres. Leurs très décriées signatures lumineuses, bien qu’esthétiques, n’y sont pas étrangères.
À l'inverse, Ford se distingue par une politique tarifaire délibérément baissière sur ses véhicules produits jusqu'en 2019, avec des baisses pouvant atteindre -25 % sur certaines références, se traduisant par un recul global du panier SRA de -2,9 % sur le trimestre. Récemment, la marque américaine a d’ailleurs fait un effort de réduction des tarifs des pièces dédiées à ses modèles pré-2019 qui ne sont plus produits. Honda, Lexus et Jeep affichent également des baisses liées à des effets de gamme favorables.
L'empreinte des PRE toujours plus marquée
Dernier enseignement notable de l'observatoire coût des réparations : la progression continue du recours aux pièces de réemploi (PRE). Au T1 2026, 22,3 % des réparations comportent au moins une PRE dans les rapports d’expertise, contre 13 % en 2023. La part des PRE dans les pièces remplacées atteint désormais 6,5 % en global et surtout 9,1 % pour les véhicules de cinq ans et plus, auxquelles elles s’adressent naturellement plus. Une tendance de fond, portée par les assureurs et les politiques environnementales.