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Ford casse les prix des pièces de carrosserie de ses modèles pré-2019

, mis à jour le 20/01/2026 à 15h17
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Carrossier Ford qui remplace un bouclier arrière.

Le constructeur américain annonce réduire jusqu'à 25 % le tarif de près de 6 000 références destinées aux modèles produits jusqu'en 2019. Une initiative qui s'inscrit dans la stratégie de fidélisation de la marque et fait écho au précédent lancé par Stellantis avec sa gamme Eurorepar.

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Depuis ce mois de janvier, Ford applique une politique tarifaire inédite sur ses pièces détachées d'origine. Cette initiative cible spécifiquement les véhicules dont la production a cessé en 2019 et concerne principalement les composants de carrosserie et d'éclairage les plus exposés lors des sinistres : pare-chocs, ailes, portières, panneaux latéraux, calandres, phares et feux. La mesure s'applique à une large gamme de modèles particuliers et utilitaires légers de générations précédentes, dont les Fiesta, Focus, Mondeo, C-MAX, Kuga ou encore Ranger. Au total, 35 modèles sont concernés par cette baisse tarifaire.

Le constructeur rappelle qu'environ 1,2 million de Fiesta produites entre 2008 et 2017 circulent encore aujourd'hui en Europe, soulignant l'ampleur du parc visé par cette initiative. « Cette initiative soutient la durabilité en prolongeant la durée de vie des véhicules et en favorisant leur remise en état », justifie le constructeur. Pour les réparateurs, l'accès à des pièces d'origine à prix revus à la baisse pourrait limiter les arbitrages défavorables face aux solutions adaptables ou issues du réemploi, notamment dans le cadre des réparations consécutives à des chocs.

Contexte juridique changeant

Cette décision intervient dans un contexte où l'âge moyen des véhicules en circulation en Europe continue d'augmenter, renforçant le poids stratégique de l'après-vente et de la disponibilité des pièces pour les modèles de plus de cinq ou dix ans. Mais elle s'appuie également sur un changement juridique majeur opéré par la Cour de cassation en juin 2025, qui a mis fin au monopole des constructeurs sur les pièces de carrosserie dont le dessin est âgé de plus de dix ans, les faisant entrer dans le domaine public. Cette évolution ouvre la porte à davantage de concurrence sur des pièces très demandées comme les pare-chocs, les ailes, les portes, les calandres et les blocs optiques.

Pour Ford, la réduction tarifaire n'est donc pas qu'un simple coup de pouce commercial : elle s'inscrit dans une stratégie défensive de fidélisation de la clientèle face à la montée en puissance des pièces de qualité équivalente certifiée (PQEC). En rendant plus accessibles les réparations des véhicules anciens et en contribuant à leur durabilité, le constructeur espère renforcer le lien avec ses clients et conserver sa part de marché sur l'après-vente. Cette initiative arrive quelques mois après l’annonce faite par Ford sur ses pare-brise d’origine, dont le "brand naming" a aussi vocation à maintenir les clients dans le giron de la marque.

Le précédent Eurorepar

Ford n'est pas le premier constructeur à adopter cette stratégie. En octobre 2024, Stellantis avait déjà créé la surprise en annonçant une ligne de boucliers avant et arrière pour sa marque privée Eurorepar, avant de l'étendre aux ailes avant. Ces pièces de tôlerie concernent une sélection de véhicules des marques du groupe qui ne sont plus produits depuis plus de cinq ans, avec un prix de vente public annoncé de 30 à 40 % inférieur à celui de la pièce d'origine. Présentées comme approuvées par les ingénieurs Stellantis et conformes à leurs exigences techniques, ces pièces proviennent très probablement d'équipementiers de première monte ou de fabricants spécialisés dans la PQEC. 

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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