Recycler Mon Véhicule accélère la mutation de la filière

, mis à jour le 01/07/2026 à 16h14
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Vanessa Montagne

Porté par le durcissement des réglementations et l’essor de l’économie circulaire, l’éco-organisme Recycler Mon Véhicule, sous l’impulsion de sa directrice générale, Vanessa Montagne, renforce ses capacités opérationnelles, investit dans la digitalisation et prépare déjà l’échéance européenne de 2027. 

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Longtemps focalisée sur la valorisation des matériaux, la filière fait désormais de la pièce de réemploi un véritable levier économique. Recycler Mon Véhicule pilote aujourd'hui 107 contrats opérationnels conclus avec les différents acteurs de la filière, illustrant la montée en puissance de son activité. RMV poursuit son développement dans le secteur des véhicules utilitaires et des trois-roues motorisés. Une dynamique qui s'inscrit dans la perspective du futur règlement européen attendu en 2027. « Nous sortons progressivement d'une logique de broyage pour entrer dans une logique de réemploi. Le véhicule n'est plus seulement considéré comme un gisement de matière, mais comme une source de pièces qui ont encore de la valeur », explique Vanessa Montagne, présidente de Recycler Mon Véhicule. 

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Crédit Photo @Careco Molins -  partenaire de Recycler Mon Véhicule

Cette montée en puissance s'illustre par le doublement du réseau de centres VHU partenaires, passé de 600 en mars 2025 à 1 200 aujourd'hui. En 2024, près de 50 000 tonnes de pièces de réemploi ont été remises sur le marché de la réparation.
Avec son agrément spécifique pour les batteries de véhicules électriques, l'éco-organisme privilégie d'abord le réemploi des modules encore fonctionnels. « Notre priorité est claire : valoriser les batteries avant de les broyer. Les modules en bon état peuvent connaître une seconde vie dans des applications de stockage stationnaire d'énergie », souligne la directrice générale. Le principal frein reste toutefois l'absence de débouchés suffisamment développés pour ces équipements de seconde vie. Lorsque la réutilisation n'est plus envisageable, les batteries sont orientées vers des procédés de recyclage permettant notamment de récupérer la « Black Mass », concentré de métaux stratégiques tels que le lithium, le cobalt ou le nickel.

Fortnite pour moderniser l'image du secteur

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Fortnite

Pour attirer les jeunes générations et dépoussiérer l'image de la « casse automobile », Recycler Mon Véhicule a investi l'univers du jeu vidéo avec « Car Life Tycoon », une expérience développée sur Fortnite. Plus de 80 000 joueurs ont déjà découvert le dispositif, avec un temps moyen de connexion de 48 minutes. « Nous voulions aller chercher les jeunes là où ils se trouvent. Derrière le jeu, il y a une volonté de faire découvrir des métiers techniques, innovants et porteurs de sens », affirme la présidente de l'éco-organisme. Cette opération s'inscrit dans une démarche plus globale de valorisation des métiers de l'économie circulaire.
Sur le marché des deux et trois-roues motorisés, la profession doit encore franchir plusieurs étapes de modernisation. Numérisation des stocks, vente en ligne, logistique rapide : les standards du marché automobile doivent progressivement être transposés à cet univers.
Recycler Mon Véhicule accompagne cette transition grâce à des aides destinées à l'informatisation des centres et à l'adoption d'outils de traçabilité. « La professionnalisation passera par la donnée. Il faut être capable d'identifier rapidement une pièce, de la photographier, de la tracer et de la livrer dans des délais compatibles avec les attentes des réparateurs », insiste Vanessa Montagne. L'intelligence artificielle fait également son entrée dans les ateliers, avec des solutions destinées à automatiser l'identification et la description des défauts des pièces.
Si l'obligation d'intégrer des plastiques recyclés dans les véhicules neufs constitue aujourd'hui la principale contrainte réglementaire, d'autres obstacles apparaissent avec la montée en puissance de l'électronique embarquée. Caméras, capteurs et calculateurs sont souvent verrouillés par des logiciels empêchant leur réemploi sur un autre véhicule.
« Le principal défi n'est plus mécanique, il est électronique. Les verrous logiciels peuvent rendre inutilisable une pièce parfaitement fonctionnelle », observe Vanessa Montagne.
En parallèle, l'éco-organisme soutient plusieurs programmes de recherche sur le recyclage des mousses polyuréthane, des textiles techniques ou encore des sièges automobiles.

Assureurs et concessionnaires, des acteurs clés

L'essor de la pièce de réemploi repose également sur l'évolution des pratiques des concessionnaires et des assureurs. Longtemps réticents, les réseaux de distribution commencent à voir dans les pièces d'occasion un moyen de préserver l'économie globale de certaines réparations. Du côté des assureurs, les stratégies sont plus contrastées. « Les assureurs sont des prescripteurs majeurs. Ils peuvent fragiliser le maillage territorial lorsqu'ils concentrent excessivement leurs marchés, mais ils peuvent aussi devenir de puissants accélérateurs lorsqu'ils placent la pièce de réemploi comme solution de référence », analyse Vanessa Montagne.
Au-delà du marché français, Recycler Mon Véhicule entend jouer un rôle dans la construction d'une filière européenne plus harmonisée. L'éco-organisme participe à la création de l'ILV Forum Association (End of Life Vehicle), destinée à favoriser les échanges entre les différents éco-organismes du continent. « L'objectif n'est pas d'imposer un modèle unique, mais de partager les bonnes pratiques et de construire des standards communs tout en respectant les réalités économiques de chaque pays », conclut Vanessa Montagne.
À l'approche du règlement européen de 2027, la filière du recyclage automobile s'apprête ainsi à changer d'échelle, avec la pièce de réemploi comme nouveau moteur de croissance.

Outre-mer : une urgence économique et environnementale

Enfin, dans les territoires ultramarins, la demande en pièces de réemploi est particulièrement forte en raison du coût élevé des importations de pièces neuves. Mais l'offre demeure insuffisante. Près de 40 % des véhicules sont abandonnés ou détruits avant même d'arriver dans un centre agréé. « Les Outre-mer concentrent à la fois des besoins considérables et des difficultés structurelles. Il y a une véritable urgence à organiser des filières locales plus résilientes », estime la présidente de Recycler Mon Véhicule. Une délégation de l'éco-organisme s’est d’ailleurs rendue à La Réunion le 23 juin dernier afin de réunir réparateurs, assureurs et centres VHU autour d'une stratégie commune.

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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