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« Autodoc Pro fait maintenant partie du paysage »

Caroline Ridet
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AUTODOC PRO

Des fondamentaux solides, un maillage hexagonal quasiment bouclé et  un déploiement européen en marche : joli bilan pour Franck Millet, le pilote du format « phygital » BtoB du leader européen de la vente en ligne de pièces. De quoi poursuivre le déploiement sereinement et annoncer des nouveautés.  

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Comme Zepros le subodorait en 2022 au moment de son lancement, le concept BtoB « made in France » du pure-player a pleinement profité de la solidité de sa maison-mère allemande. Avec environ 319 M€ de business dans l’Hexagone  (+14 % en 2023), Autodoc se positionne en effet en leader des pure-players de la vente de pièces sur le marché français comme en Europe. Un solide ancrage Autodoc Pro, concept construit et piloté par Franck Millet, qui affiche un bilan porteur deux ans après son lancement. 

Ainsi, sur les 107 zones prévues pour mailler la France, 88 sont ouvertes et visitées par un agent de service, soit une couverture d’environ 85 % du territoire. La plateforme annonce un portefeuille de 12 000 garages connectés, « sur les 29 500 que nous avons recensés sur les zones d’ores et déjà ouvertes, soit 40 % de taux de pénétration ». Lorsque l’ensemble du territoire sera maillé « d’ici la fin de l’année », l’équipe française vise les 17 000 réparateurs connectés pour atteindre les 20 000 clients pros à l’horizon 2025. 

Direction remaniée

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AUTODOC PRO EL MORIDI Mustapha, MILLET Franck, DOLACINSKI Laurent
Mustapha El Moridi et Laurent Dolacinski entourent Franck Millet.

• Appelé à piloter le déploiement européen du concept qu’il a imaginé voici deux ans avec la France comme terrain test, Franck Millet transmet le direction d’Autodoc France à Mustapha El Moridi. Cela fait 19 ans que Mustapha évolue dans le secteur de l'après-vente automobile. Il est passé par Valeo puis Berner avant d’intégrer les rangs du distributeur Doyen où, pendant dix ans, il a gravi les échelons pour terminer directeur grands comptes. 

• Pour initier la nouvelle stratégie de conquête des centrales d’achat (centres autos, pneumaticiens, fast-fitters...) et des groupes de concessions, Laurent Dolacinski a été nommé directeur grands comptes. C’est un homme de l’OES qui a été recruté puisque que Laurent y a œuvré ces 25 dernières années. Une carrière entamée à la Sodicam (Groupe Renault), pour ensuite passer chez Renault à des fonctions d’experts après-vente/pièces de rechange, puis FCA, Huyndai, Mitsubishi et enfin il intègre le groupe nordiste Verbaere Automobiles en tant que directeur de plaque. Il a intégré les équipes d’Autodoc Pro en février dernier.
 

Satisfaction au beau fixe malgré la faiblesse logistique

Et contre toute attente, un tiers de ces clients sont des garages sous enseigne, « pour lesquels notre service remplace les fournisseurs de 2e et 3e rang », les garages sans enseigne représentent un autre tiers et le reste se partage entre un bloc regroupant carrossiers, centres autos, spécialistes (20 %)... et enfin les agents de marque (17 %). Outre ce mix équilibré, Autodoc Pro se réjouit du taux de satisfaction de sa clientèle (baromètre regroupant 1600 répondants) qui affiche un score « très bon » de 55 %. Ils plébiscitent les visites régulières des agents de service, la procédure des retours et les prix. 

En revanche, Autodoc Pro reconnait encore des points de faiblesse avec la hotline, le catalogue électronique et surtout la livraison qui ne décolle pas d’un délai de 3 jours ! Preuve qu’une logistique partant d’Allemagne n’est pas optimale et sans nul doute est un frein à l’engouement des pros ! 

Le groupe a donc décidé d’agir. Si un hub logistique n’est pas prévu en France, un entrepôt (15 000 m2, semi-automatique) sera activé à Gand, en Belgique, via un prestataire extérieur avec les premiers tests annoncé pour 2025. Y seront stockées des pièces pour les clients BtoB et BtoC, qui permettront « pour les références stockées » de servir en J+1. « Le J+1 n’est pas un besoin mais une habitude pour les réparateurs qui travaillent de plus en plus sur rendez-vous. Mais nous devons répondre à ce standard », admet F. Millet.

Nouveaux services et marques privées

De nouveaux étages serviciels ont été ajoutés pour optimiser et rendre toujours plus simple l’utilisation de la plateforme pour le réparateur. Recherche par code VIN, recherche graphique, amélioration de l’application pour smartphone vont bientôt être opérationnelle. De même, l’outil va intégrer un outil de devis en ligne, de gestion du planning, CRM, un outil pour générer des leads et un dispositif de maintenance prédictive actuellement en test avec une trentaine de garages clients. 

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GO CORE MDD Autodoc Pro

Côté offre, la plateforme va se faire marketplace en intégrant des vendeurs tiers pour mettre à disposition pneumatiques, lubrifiants, voire à terme des pièces de carrosserie. Cette ouverture devrait s’activer d’ici la fin de l’année. 
Et grosse actualité pour Autodoc Pro, l’arrivée d’une nouvelle marque privée aux côtés des MDD historiques de la maison-mère Ridex et Stark (75 000 références). Calibrée pour les professionnels, "Go Core" s’axe sur les pièces techniques et annonce à termes plus de 10 000 références pour 40 familles de produits. Mais, promet Franck Millet, cette nouvelle marque va réellement être différenciante pour les ateliers en affichant un positionnement prix inédit. Alors que les MDD se positionne entre - 20 et - 30 % sous le prix des gammes OE, la marque privée promet un remarquable - 50 %  pour une qualité promise « pro ». Comment, sans détériorer la qualité, Autodoc réussit à se dépositionner aussi fortement ? « La MDD est traditionnellement, un produit de marge pour les distributeurs ! Ici, le distributeur c’est Autodoc qui a décidé de transférer une partie de sa marge vers le réparateur. Il faut savoir ce que l’on veut », martèle F. Millet. Cette nouvelle marque arrivera progressivement sur le marché. Une première salve est prévue dès la mi-juin avec une offre freinage (400 références de plaquettes et autant de disques).
 

Des projets en chantier

Enfin, la nouvelle "business unit" a dans ses cartons le projet « Autodoc trader » destiné à développer du business avec les distributeurs et les flottes. Les équipes travaillent également pour adresser le marché du leasing. Autre axe à l’étude : faire jouer les synergies BtoC et BtoB pour construire un réseau de partenaires garagistes permettant de proposer aux clients particuliers une offre de montage pour l’achat des pièces. 

Les étages de la fusée « Autodoc Pro » sont donc ajoutés pour en faire un dispositif "full services" pour les pros. Si la dynamique est bonne, pour l’heure la version BtoB de géant allemand ne donne pas son chiffre d’affaires… qui reste sans doute sous la barre des 100 M€, stade qui sera alors à la hauteur des ambitions de sa maison-mère allemande.
 

L’Europe comme terrain de jeu

Fort de son succès français, Autodoc Pro peut accélérer son déploiement européen, comme annoncé le mois dernier par la direction allemande. Dès juillet 2023, le pure-playeur testait une version revisitée de son concept BtoB. Mais faute d’avoir intégré la dimension accompagnement terrain, qui fait la force de la version française, le greffe n’a pas pris outre-Rhin. « Nous allons donc revoir la copie, retravailler les fondamentaux pour s’adapter aux habitudes d’achats de pièces des professionnels allemands », précise Franck Millet. Le Benelux a été ouvert à la mi-mai, « et cette fois en prenant l’ensemble des leviers de notre concept phygital qui étaient en parfaite cohérence avec les attentes des réparateurs », précise celui qui a acquis une connaissance pointue des marchés belges et néerlandais par un long passage chez le leader Doyen. 

Dans sa feuille, la conquête de l’Italie, l’Espagne mais aussi de la Grande-Bretagne, en s’appuyant là aussi sur la version complète du concept. Mais pour que la greffe réussisse, il lui faudra préalablement imaginer le bon flux logistique. « Pour couvrir l’Europe du Sud, nous pourrions nous inspirer du modèle d’appel à un prestataire logistique extérieur, que nous testons pour la première fois avec la future implantation de Gand, en Belgique. » Sa mission intègre également les pays scandinaves et l’Europe de l’Est « mais à plus long terme. Avant cela nous devons valider la version plus light du modèle allemand ».

Caroline Ridet
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